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Primaire UMP à Paris : peut-on éviter l'usurpation d'identité ?

Le vote électronique pour désigner le candidat de la droite aux municipales dans la capitale se déroule jusqu'à lundi soir. Mais la mise au jour de failles de sécurité a soulevé une tempête dès le premier jour du scrutin, vendredi.

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Jean-François Legaret (à g.) et Nathalie Kosciusko-Morizet, deux candidats à la primaire UMP, durant la présentation du dispositif de sécurité pour le vote électronique, le 29 mai 2013 à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Que faire si quelqu’un vote en votre nom à la primaire UMP pour les municipales à Paris, qui a débuté vendredi 31 mai ? C’est la question, faussement innocente, que se sont posée des partisans de la candidate PS Anne Hidalgo sur Twitter, après les révélations de Metrojeudi.

Une journaliste du quotidien montrait qu’elle avait pu voter à quatre reprises en utilisant différentes adresses de personnes habitant à Paris, soulevant une tempête qui se poursuit au deuxème jour du scrutin. Au moins un candidat, Pierre-Yves Bournazel, réclame la suspension du vote. Mais y a-t-il un moyen d'éviter une telle fraude ?

Aucun moyen de s’en prémunir

Interrogé par Le Nouvel Obs.fr, Alexis Braud, chargé de la bonne marche de la primaire par vote électronique d'Europe Ecologie-Les Verts pour la présidentielle de 2012, estime qu'il faut "cesser le processus pour que les Parisiens puissent vérifier que personne ne les a inscrits à leur insu".

"Si quelqu'un veut, au lendemain du vote, vérifier auprès de l'UMP qu'il n'a pas voté et qu'on trouve trace de son vote, que se passera-t-il ? Le candidat qui a perdu à la primaire pourra légitimement demander qu'il y ait un nouveau vote", affirme-t-il.

Sera-t-il seulement possible de vérifier que personne n'a usurpé son identité ? L'UMP a annoncé sur le site dédié à la primaire que "le fichier des électeurs de la primaire ne sera communiqué à aucun tiers et sera détruit après le vote". "La confidentialité des données recueillies, et notamment les coordonnées des électeurs, est garantie, sous le contrôle vigilant de la Cnil [Commission nationale de l'informatique et des libertés]", assure l'UMP.

Le constat de Jean-Didier Graton, président de l’Observatoire du vote et très critique vis-à-vis du vote électronique, n’est pas non plus très réjouissant. "Il n'y a absolument aucun moyen de savoir si une personne vote à votre place, assène-t-il, contacté par francetv info. Le vote par correspondance se fait sans contrôle d’un bureau de vote, il est donc toujours facile d’usurper une identité. Il n’y a personne pour vérifier que vous êtes la personne que vous prétendez être."

La Cnil impuissante

Face au risque d'usurpation d'identité, la Cnil se révèle incompétente. "Le champ de la compétence de la Cnil se trouve dans la loi informatique et libertés. L'usurpation d'identité lors d'un vote ne rentre pas dans ce cadre-là", explique Florence Fourets, directrice des relations avec les usagers et du contrôle à la Cnil, contactée par francetv info.

La Cnil est seulement chargée de "garantir une protection renforcée des données des participants à ces scrutins et le respect de leurs droits (droits d'information, d'accès, d'opposition, etc.)", comme elle l’explique sur son site internet.

Florence Fourets en profite néanmoins pour tacler l'UMP. "Compte tenu du peu d’informations demandées au moment de voter, quiconque raisonne un tout petit peu pouvait savoir qu’il y avait un risque de fraudes."

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