Municipales : une tête de liste du FN à Paris évoque des "camps" pour "concentrer" les Roms

Sur son blog, Paul-Marie Coûteaux, tête de liste FN-Rassemblement Bleu marine dans le 6e arrondissement de Paris pour les municipales, compare les Roms à une "lèpre".

Paul-Marie Coûteaux, le 7 janvier 2011 à Paris. 
Paul-Marie Coûteaux, le 7 janvier 2011 à Paris.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

La charge contre les Roms est violente. Paul-Marie Coûteaux, tête de liste FN-Rassemblement Bleu marine dans le 6e arrondissement de Paris pour les municipales, évoque sur son blog des "camps" pour "concentrer" les Roms. Contacté par l'AFP lundi 3 mars, le candidat a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une proposition.

Dans un post de blog daté du 19 février, le président de Souveraineté, Indépendance et Libertés (Siel, un micro-parti allié au FN au sein du RBM) s'en prend à la présence de Roms dans son arrondissement huppé de la capitale. Il qualifie leur présence d'"invasion" ou de "lèpre" qui portent atteinte à "l'ordre esthétique" de l'arrondissement. Selon lui, les Roms "l'amochent de part en part, et rompent le charme de la moindre promenade." Un témoignage "jusqu'à la caricature de l'irresponsabilité générale, et corrélativement de l'abandon complet de la dignité nationale".

Cet ancien député européen s'interroge : "Mais que peut faire M. le Ministre de l'Intérieur - à part concentrer ces populations étrangères dans des camps, où la vie serait sans doute si peu conforme à ce qu'elles escomptaient du voyage qu'elles préféreraient déguerpir d'un territoire aussi inhospitalier ?"

"Je ne mets pas des gens dans des camps"

Interrogé par l'AFP, Paul-Marie Coûteaux a expliqué lundi soir qu'il n'y avait pas de volonté de sa part de construire des camps : "ll n'y a pas un endroit dans ce texte où je demande la construction de camps, de barbelés. C'est la forme interrogative : 'Que peut ce ministre ?' Je demande qu'on vienne à la source des problèmes, et ce problème, c'est Schengen."

"Sinon, c'est l'impuissance générale ou des solutions dont personne ne veut et moi non plus, en raison de ma profonde catholicité. Je suis catholique et romain, je ne mets pas des gens dans des camps, ça ne se fait plus depuis longtemps", a-t-il ajouté.

 


Droit de réponse de Monsieur Paul-Marie Coûteaux

"Monsieur le directeur de la publication,

Dans vos éditions du 4 mars, vous avez repris une dépêche AFP qui déforme gravement une entrée de mon blog sur plusieurs points : d'abord, je n'ai jamais parlé de lèpre ni d'invasion à propos des roms, me bornant à reprendre la phrase d'une électrice qui utilise ces mots, écrits donc entre guillemets. D'autre part, je n'ai pas demandé la construction de camps, regrettant au contraire que la situation créée par l'ouverture des frontières (à laquelle je me suis opposé en tant que député européen) accule le ministre de l'intérieur à recourir à de tels camps, solution que je qualifie d'"extrémité", la jugeant attentatoire aux droits humains comme à la dignité nationale - mais hélas inscrite, ironiquement, dans la logique de la dissolution des frontières. Par ailleurs, si j'ai formulé un regret, ce n'est pas d'avoir tenu ces propos, mais qu'ils aient été déformés. Enfin, je ne suis pas candidat FN, et préside un parti indépendant, le SIEL, allié à ce dernier au sein du RBM.
Je vous prie de bien vouloir porter ces quatre rectifications à la connaissance de vos lecteurs.

Paul-Marie COUTEAUX"