Menaces, insultes et plaintes en série : à Vitry-sur-Seine, la campagne des municipales tourne à la bagarre judiciaire

Depuis la diffusion sur les réseaux sociaux d'une agression verbale entre un "marcheur" et un habitant de Vitry-sur-Seine, la guerre est déclarée entre l'équipe de Kamale Sobhi, candidat LREM à la mairie, et la municipalité communiste sortante.

Mairie de Vitry sur Seine, Val de Marne, octobre 2014
Mairie de Vitry sur Seine, Val de Marne, octobre 2014 (HERVE CHARABINI)

"On se donne rendez-vous le soir quelque part, et je te n*** ta race… T'as compris ?" La scène se déroule sur la place du marché, à Vitry-sur-Seine, samedi 8 février. C'est Daly Ndiaye, soutien du candidat LREM Kamale Sobhi, qui menace un habitant de la commune du Val-de-Marne, en pleine campagne pour l'élection municipale. L'altercation a été filmée et les images publiées sur les réseaux sociaux. Depuis, les deux camps se rejettent la responsabilité et plusieurs plaintes ont été déposées.

Kamale Sobhi, candidat LREM à la mairie de Vitry-sur-Seine, donne sa version des faits, à franceinfo. Ce samedi-là, il mène campagne, avec ses colistiers, dont Daly Ndiaye, sur la place du marché, "comme d'habitude". "Le ton monte", en milieu de matinée, selon lui, quand un passant les interpelle, à plusieurs reprises. L'homme serait parti, puis revenu avec des pancartes dont "une grande d'un mètre de large" portant une inscription "Stop Macron".

"Il a clairement perdu son sang-froid"

Au Parisien, le passant explique être venu "faire le marché, comme chaque semaine". Il raconte avoir été gêné par du matériel de campagne au moment d'attacher son vélo. Selon lui, les militants LREM le prennent à partie à ce moment-là. Les insultes fusent des deux côtés, comme il le précise à franceinfo. 

C'est Shamime Attar, conseiller municipal socialiste qui a filmé une partie de l'altercation. L'élu socialiste raconte à franceinfo s'être approché et avoir sorti son téléphone, après avoir entendu "des éclats de voix entre Daly Ndiaye et un passant". "Puis on a tenté de prendre mon téléphone", poursuit Shamime Attar. Les images partagées sur Twitter laissent entrevoir une certaine confusion.

En regardant cette vidéo, une fois chez lui, il prend "conscience" de la portée des paroles de Daly Ndiaye. "Il a clairement perdu son sang froid", commente-t-il. Depuis sa mise en ligne, ce samedi 8 février vers midi, la vidéo a été vue plus de 200 000 fois. Dans le tweet qui accompagne les images, Shamime Attar tacle la tête de liste : "Super votre liste, Kamale Sobhi ! Entre vous qui êtes parachuté et votre ami voyou, ça promet."

Kamale Sobhi assure n'avoir pas entendu son colistier menacer l'habitant de Vitry. Dans un communiqué la section locale de LREM "condamne fermement les propos qui ont été tenus", avant de répliquer en dénonçant des violences envers Maurice Tzinmann, un élu de gauche qui a récemment rejoint LREM. "Une personne l'a attrapé par le cou et a tenté de l'étrangler, en essayant de le faire tomber", précise la tête de liste à franceinfo.

"C'est à la justice de trancher"

La querelle vire dès le lendemain à la bataille judiciaire. Le socialiste Shamime Attar affirme avoir déposé une plainte pour tentative de vol de son téléphone portable au commissariat d'Alfortville. La section locale du PS a de son côté porté plainte pour diffamation. "On est prêts à se constituer en partie civile pour forcer le procureur à engager des poursuites", insiste Shamime Attar.

Nous demandons à ce que Kamale Sobhi et Daly Ndiaye soient sanctionnés. Monsieur Sobhi doit être jugé pour ses propos diffamatoires et ne peut plus être tête de liste.Shamime Attar, élu PS municipalà franceinfo

"Choqués", Kamale Sobhi, Daly Ndiaye et Maurice Tzinmann ont porté plainte pour agressions physiques et insultes, au commissariat de Vitry-sur-Seine, rapporte la tête de liste. Face aux plaintes du PS, Kamale Sobhi se dit "confiant" : "D'un côté, on a des actes très graves, de l'autre, on a des plaintes de complaisance. C'est à la justice de trancher."

De son côté, Daly Ndiaye doit être reçu par les instances disciplinaires de La République en marche. "Il sera temps, ensuite, au moment de monter ma liste, de se poser la question de sa présence", conclut le candidat.