Lyon : pour les municipales, duel de marcheurs entre Gérard Collomb et son ancien protégé

Le maire de Lyon était parti au gouvernement en pensant avoir protégé ses arrières. Mais son successeur se dit finalement prêt à continuer. 

David Kimelfeld et Gérard Collomb en janvier 2019. 
David Kimelfeld et Gérard Collomb en janvier 2019.  (PHOTO MAXIME JEGAT / MAXPPP)

 À un an des élections municipales, la guerre des marcheurs a démarré à Lyon. Gérard Collomb, de nouveau maire depuis novembre après avoir été ministre de l'Intérieur, s'est trouvé un concurrent inattendu. Il s'agit du président de la métropole, David Kimelfeld, qui souhaite rester en poste après 2020 alors que Gérard Collomb lui aussi brigue un nouveau mandat. 

Deux proches devenus adversaires 

Les deux hommes s'appréciaient tellement que Gérard Collomb voyait en David Kimelfeld son dauphin à la mairie. Mais l'ex-ministre lui avait finalement confié sa création, la Métropole, où se décident les grands enjeux. Redevenu maire, Gérard Collomb échangerait bien les rôles. Mais "Kim" comme on le surnomme à Lyon, ne l'entend pas ainsi. Depuis, c'est la guerre des petites phrases et des piques dans une ambiance délétère.

Michel Le Faou est en charge de l'urbanisme dans les deux collectivités, et il est l'un des rares élus qui osent parler. Il plaide pour un rapprochement d'urgence : "Il faut faire en sorte que nous allions unis à ce scrutin. Ils ont travaillé ensemble depuis plus d'une vingtaine d'années, on a porté collectivement les mêmes combats. Il serait dommageable, à mes yeux, que l'histoire se finisse comme ça", conclut-il. 

La droite en embuscade 

Cette rivalité au sein des marcheurs réveille les Républicains. "J'ai cru comprendre que Gérard Collomb avait dit que David Kimelfeld n'était pas taillé pour le poste, avance Philippe Cochet, le maire de Caluire et président du groupe Les Républicains à la métropole de Lyon. J'ai cru comprendre que David Kimelfeld n'était pas tout à fait d'accord avec la gouvernance de Gérard Collomb. Qu'ils se débrouillent entre eux !" La droite rêve du scénario de 2001, inversé. À l'époque, la division des centristes et des militants de droite avait profité à un certain Gérard Collomb.