Listes communautaires aux municipales : "Ne pas les interdire c'est accepter l’inacceptable", estime Bruno Retailleau

Le président du groupe Les Républicains au Sénat dénonce le refus d'Emmanuel Macron d'interdire les listes communautaires aux prochaines élections municipales.

Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, sénateur LR de Vendée.
Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, sénateur LR de Vendée. (FRANCEINFO)

Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau a regretté sur franceinfo mardi 19 novembre le refus d'Emmanuel Macron d'interdire les listes communautaristes aux élections municipales. Plus tôt dans la journée, devant le Congrès des maires de France, le chef de l'Etat a en effet taclé cette mesure réclamée par la droite et l'extrême préférant mettre en avant les "règles claires existantes". 

Pour Bruno Retailleau, auteur de la proposition de loi visant à lutter contre les listes communautaires et déposée le 8 novembre dernier en pleine polémique sur la laïcité et le voile, "ne pas interdire, en réalité, c'est renoncer. C'est accepter l'inacceptable."

"On ne peut pas ne pas poser des limites"

Le sénateur de Vendée soutient qu""Emmanuel Macron n'a pas compris la dangerosité de cette idéologie totalitaire. On a malheureusement un islam politique qui place la charia, c’est-à-dire la loi religieuse au-dessus de la loi de la République. Il faut la combattre à tout prix. On ne peut pas ne pas poser des limites. Quand la République est attaquée, elle doit aussi avoir cette sagesse, mais aussi cette détermination pour répondre."  

Bruno Retailleau qui s'interroge, enfin, sur "le deux poids deux mesures" dans la politique du chef de l'Etat.  "Pourquoi est-ce qu’on s’autorise à interdire des mosquées, à interdire des écoles coraniques, et pourquoi on ne les ferait pas pour des listes ? Pourquoi l’interdiction est-elle valable dans certains cas et pas pour d’autres ?"  

"Un danger pour la démocratie" estime le Rassemblement national 

La position du président du groupe Les Républicains n'est pas si éloignée de celle exprimée par le porte-parole du Rassemblement national Julien Sanchez. Interrogé franceinfo mardi soir, il a affirmé que "ces listes communautaires," étaient "un problème". "C'est un danger pour la démocratie et pour la République", a-t-il ajouté en rappelant que le RN était "pour l'interdiction de ces listes communautaires".

"D'un côté, il nous dit qu'il ne veut pas interdire ces listes, et de l'autre qu'il faut combattre l'islam politique sur le terrain politique. Mais ce n'est pas ce qu'il fait : il n'a pas fermé les mosquées salafistes, par exemples, qui existent encore par dizaines sur notre sol," a soutenu Julien Sanchez.