Élections municipales : les maires divisés sur la tenue du second tour en juin

Après l'avis du Conseil scientifique sur la tenue rapide du second tour des élections municipales, les élus sont divisés entre enjeux sanitaire, démocratiques et économiques. 

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Un bureau de vote lors du premier tour des élections municipales, à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), le 15 mars 2020.  (NICOLAS BLANZAT / FRANCE-BLEU LIMOUSIN)

Le Conseil scientifique a indiqué ce mardi 19 mai qu'il ne s'oppose pas à la tenue du second tour des élections municipales en juin, tout en assortissant son avis de vives réserves qui doivent tenir compte de la situation épidémique. "Si les données le permettent, j'encourage le gouvernement à adopter une position favorable pour que se tienne le 2e tour" des élections municipales, a réagi, mardi 19 mai sur franceinfo, Martine Vassal, la présidente LR des Bouches-du-Rhône, présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence et candidate à la mairie de Marseille.

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"Il faut que les collectivités puissent agir pleinement. Ce n'est pas le cas aujourd'hui", estime Martine Vassal. "Vous avez des maires qui ont été élus au premier tour, d'autres qui ne l'ont pas été. Et puis vous avez des conseils de métropole, des intercommunalités, qui ne vont pas pouvoir se réunir de manière correcte. Donc aujourd'hui, pour relancer l'économie, pour maintenir l'emploi, il faut impérativement pouvoir avoir des institutions qui soient stables et donc qui soient renouvelées".

Le maire socialiste de Dijon François Rebsamen est lui aussi favorable à un second tour des élections municipales au mois de juin, notamment parce qu'il "faut relancer l'économie et les collectivités c'est 70% de l'investissement public", a-t-il déclaré ce mardi 18 mai sur franceinfo. François Rebsamen fait partie des maires signataires d'une lettre ouverte pour réclamer la tenue du second tour rapidement. Il estime aujourd'hui que la campagne pourra être réduite et qu'aller dans un "bureau de vote, c'est moins dangereux qu'aller s'empiler dans les grandes surfaces". Le maire de Dijon se dit prêt à écouter un nouvel avis du Conseil scientifique deux semaines avant un éventuel vote fin juin. Ce second rapport a été demandé par l'exécutif, qui s'apprête à enclencher le processus pour que le second tour du scrutin se déroule fin juin, après les premières recommandations du Conseil. 

La campagne de second tour en question

Le maire radical de Tours, Christophe Bouchet, lui n'y est pas favorable. "La société française n'est pas prête" pour un second tour des municipales en juin, "c'est une faute démocratique", alerte-t-il sur franceinfo. Celui qui est arrivé en deuxième position dans sa ville au premier tour des municipales 2020 n'est pas favorable à une organisation rapide du second tour. Il estime que la société est "décousue" et qu'une élection en juin ferait élire des maires avec 25 ou 30% de participation. Pour lui, les recommandations du Conseil scientifique publiées ce mardi en reviennent à "une quasi-impossibilité d'organisation". "A titre personnel, je préférerais avoir des élections en juin parce qu'être entre deux tours ça n'est pas très confortable. Gérer une crise sept jours sur sept, ça n'est pas confortable", a-t-il ajouté.

J'ai en tête, comme beaucoup de Français, de partir un peu quelques jours en vacances, l'esprit libre. Mais je pense que par ailleurs ce n'est pas sérieux.

Christophe Bouchet

à franceinfo

Habituellement, entre un premier et un deuxième tour d'élections municipales, Martine Vassal rappelle qu'il n'y a "que cinq jours ouvrables". La candidate à la mairie de Marseille plaide pour une campagne "numérique", en utilisant "les réseaux sociaux". Elle "pousse pour un vote électronique" et souligne qu'il y a "la possibilité des procurations".

"Je pense qu'il n'a pas besoin de campagne électorale, il y a juste une validation ou une poursuite du premier tour, abonde François Rebsamen. Le premier tour a donné une photographie, ont été éliminées un certain nombre de listes. L'entre-deux tours, avec un dépôt des listes le mardi soir au plus tard, il reste trois jours le mercredi, jeudi et le vendredi, le samedi étant neutralisé. Donc il n'y a pas besoin de grande campagne."

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