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"La visière, on l'a gardée cinq minutes" : des assesseurs racontent leur journée de vote pour le second tour des municipales

A Lille, Roubaix, Bordeaux ou dans l'Ariège, tous assurent que les consignes sanitaires sont respectées à la lettre et que le scrutin se déroule dans de bonnes conditions.

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France Télévisions
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Une religieuse vote dans une école de Strasbourg le 28 juin 2020 pour le second tour des élections municipales. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Certains n'avaient encore jamais été assesseurs. D'autres sont au contraire familiers de l'exercice. Mais pour tous, c'est une première. Ce second tour des élections municipales, reporté de plus de trois mois par l'épidémie de coronavirus et le confinement, se déroule avec des règles sanitaires strictes. Des citoyens, occupés à tenir les bureaux de vote dimanche 28 juin, décrivent ce jour de scrutin pas comme les autres.

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Pour garder un souvenir de cette journée particulière, Mathieu Perraut s'est pris en photo à l'ouverture de son bureau de vote. Masque sur le visage, visière de protection sur la tête, l'étudiant en droit, assesseur à Bordeaux, était prêt à accueillir les électeurs. Mais la visière a fait long feu. "Pour être honnête, on l'a gardée cinq à dix minutes. Le président ne nous entendait pas, confie-t-il. On l'a enlevée parce qu'elle est optionnelle, mais on va sûrement la remettre pour le dépouillement."

Le jeune homme était déjà assesseur lors du premier tour, le dimanche 15 mars. "C'était l'entre-deux sur les mesures sanitaires. Le Premier ministre annonçait qu'on fermait les restaurants mais disait que les électeurs pouvaient venir voter, se souvient-il. Tout le monde n'était pas masqué. On était tombé en rade de gel hydroalcoolique, on a dû se rationner. On balbutiait niveau gestes barrières." Cette fois, son bureau de vote bordelais est paré.

On a des bidons de gel hydroalcoolique à profusion, des masques pour tout le monde, les électeurs respectent les mesures de distanciation sociale, on n'est vraiment pas en contact avec les gens.

Mathieu Parraut

à franceinfo

L'assesseur bordelais constate toutefois que son bureau "a énormément de mal à recruter des scrutateurs" pour le dépouillement. "Une personne nous a dit que d'habitude elle le faisait mais que là elle ne le sentait pas, témoigne-t-il. Les gens ne sont pas rassurés à l'idée de devoir manipuler les bulletins de vote touchés par d'autres. Ils sont peut-être échaudés par deux mois de confinement et des dizaines de milliers morts."

"Tous les moyens sont là pour nous protéger"

A Lille, Emmanuel Cau a lui aussi choisi de se passer de sa visière de protection. Il aurait dû l'enfiler par dessus son masque chirurgical, ses lunettes de vue et ses cheveux longs. "C'est inconfortable, tranche-t-il. C'est ça ou je ne fais pas mon boulot." L'assesseur lillois constate également qu'"il y a encore un peu moins de monde qu'au premier tour". "On a parfois du mal à mettre trois personnes dans le bureau de vote", la limite autorisée par le protocole sanitaire, ironise-t-il. Et s'ils refusent de venir dépouiller, "jamais le virus n'est évoqué" comme motif de refus, observe-t-il.

A Saint-Girons, dans l'Ariège, Léo Garcia "applique les consignes sans rechigner", même s'il reconnaît que le masque plus la visière, "c'est un peu encombrant". L'assesseur est "un peu embué", ce qui n'est "pas très agréable", mais "il n'y a pas de pas de solution miracle", dit-il, pragmatique. Lui aussi l'assure, "tous les moyens sont là pour nous protéger et protéger les électeurs". Il y a des masques chirurgicaux à la disposition des électeurs, des visières en plus pour les personnes tenant le bureau de vote, où seuls trois votants peuvent se trouver en même temps, et le parcours y est fléché.

Dans son quartier de Lille, Julie Nicolas constate elle aussi que, pour sa première élection en tant qu'assesseuse, les règles sanitaires sont respectées. "On a opté pour les masques classiques, parce que les visières n'ont fait envie à personne, relate-t-elle. On a tous renouvelé notre masque en milieu de journée." Côté électeurs, rien à signaler non plus.

On n'a eu qu'un seul électeur qui s'est présenté sans masque et il est resté très en retrait jusqu'à ce qu'on lui en donne un.

Julie Nicolas

à franceinfo

"On a une sacrée quantité de masques chirurgicaux", décrit-elle. Et beaucoup pourrait rester dans leurs cartons. De même, "les électeurs viennent très majoritairement avec leur propre stylo".

Le Covid-19 perturbe les habitudes, comme le constate Jean Deroi dans les quartiers nord de Roubaix. "Beaucoup de personnes d'un certain âge nous disent : 'Ben, vous ne mettez pas le tampon ? Comment on va savoir qu'on a fait notre acte citoyen ?' C'était important pour elles." Dans son bureau de vote, il n'y a pas de vitre en plastique entre les assesseurs et les électeurs. Malgré tout, "parfois on doit parler un peu plus haut pour se faire comprendre", glisse l'assesseur, qui ajoute, philosophe : "Ça ne dure qu'une journée."

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