Municipales à Paris : une primaire UMP sous haute tension

Alors que le scrutin s'ouvre ce vendredi, les candidats multiplient les attaques et certains craignent des fraudes. 

Les candidats de la primaire de l\'UMP qui s\'ouvre vendredi 31 mai 2013, De gauche à droite, Franck Margain, Jean-François Legaret, Pierre-Yves Bournazel et Nathalie Kosciusko-Morizet.
Les candidats de la primaire de l'UMP qui s'ouvre vendredi 31 mai 2013, De gauche à droite, Franck Margain, Jean-François Legaret, Pierre-Yves Bournazel et Nathalie Kosciusko-Morizet. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Cela s'annonce sportif. La primaire UMP pour les municipales 2014 à Paris s'est ouverte à 8 heures, vendredi 31 mai. Les électeurs parisiens, encartés ou non, ont jusqu'à lundi 19 heures pour choisir leur candidat pour la mairie de Paris. En lice : la députée de l'Essonne et ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, le maire du 1er arrondissement Jean-François Legaret, le jeune copéiste Pierre-Yves Bournazel et Franck Margain, vice-président du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin et conseiller régional. Mais dans cette dernière ligne droite, l'ambiance se tend entre les quatre candidats. Explications.

Craintes autour du vote électronique

Pour voter, les électeurs doivent s'inscrire sur le site Primaire Paris et s'acquitter de trois euros, par carte bancaire ou chèque. Ils reçoivent ensuite, par SMS, un code leur permettant de voter. Mais le dispositif inquiète certains candidats, dont Jean-François Legaret qui redoute des fraudes, explique France 3 Paris. Antoine Rufenacht, ancien maire du Havre et chargé du bon déroulement de la primaire, a tenu à rassurer les troupes, vendredi dans Le Parisien. Selon lui, "le vote électronique rend la fraude quasiment impossible", d'autant que "toutes les précautions juridiques ont été prises".

Il est possible d'inscrire des électeurs sans leur consentement. Le site du quotidien MetroNews a mis au jour une anomalie de taille. Les journalistes de la rédaction ont constaté "qu'il était possible d'inscrire n'importe quel électeur parisien au scrutin, à condition de connaître son état civil (nom, adresse et date de naissance)." Ils racontent avoir "décidé d'inscrire plusieurs électeurs parisiens, sans leur consentement", pour tester la fiabilité du dispositif. Résultat : en 30 minutes, ils ont pu remplir quatre bulletins de vote pour des tierces personnes. Chez Docapost, la société qui a créé le logiciel de vote, on confirme qu'il est possible de voter pour deux, mais que "cela ne peut pas permettre une fraude à grande échelle". Quant aux différents paiements effectués avec une seule carte bancaire : "Nous sommes capables de repérer ce genre d'anomalies", a assuré la filiale de La Poste à Metro

NKM pointe un dysfonctionnement technique. De son côté, Nathalie Kosciusko-Morizet a pointé, dans un communiqué, un problème technique "de compatibilité [de certains] ordinateurs pour le vote". Un dysfonctionnement qui pourrait "perturber certains électeurs", selon le Lab d'Europe 1. Pour pouvoir voter en ligne, les sympathisants doivent en effet installer une version récente du logiciel gratuit Java. Mais cette activation "n'est pas une opération simple", estime la candidate, qui poursuit : "Je ne peux pas accepter cette situation qui va priver de la possibilité de voter de très nombreux inscrits."

Le mariage pour tous parasite les débats

La primaire UMP tournerait-elle déjà au fiasco ? Le débat sur le mariage pour tous a en tout cas mis de l'huile sur le feu. Jeudi, Jean-François Legaret a décidé de porter plainte contre X pour "faux" et "usage de faux", dénonçant un piratage des fichiers UMP à son détriment.

L'élu, qui a participé à la Manif pour tous (regroupant les opposants à la loi), accuse Claude Goasguen,  député-maire du 16e arrondissement et soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet, d'avoir contribué à la diffusion sur internet d'une vidéo datant de 2007. Sur les images, il célèbre les cinq ans de l'association LGBT GayLib et se dit favorable à l'union civile pour les couples homosexuels. Sur Twitter, le ton est vite monté entre les deux hommes, le premier sommant le second de "la fermer".

Le débat sur le mariage pour tous pourrait surtout compliquer la donne pour Nathalie Kosciusko-Morizet, pourtant favorite de cette primaire. Les plus radicaux dénoncent en effet sa position pendant le débat et surtout son abstention lors du vote de la loi à l'Assemblée nationale.

NKM dans le collimateur

Depuis plusieurs jours, les appels à faire battre l'ancienne ministre se sont multipliés. Guillaume Peltier, chef de file du courant La droite forte souhaite qu'elle ne soit pas désignée comme candidate de l'opposition à la mairie de Paris. Même l'extrême droite s'y est mise : en une, l'hebdomadaire Minute a ainsi appelé à se "payer" NKM, c'est-à-dire à payer 3 euros pour voter dans cette primaire  pour un autre candidat que Nathalie Kosciusko-Morizet.

Mais les attaques contre la députée de l'Essonne dépassent le simple mariage pour tous. L'abandon de Rachida Dati a en effet crispé ses adversaires, qui y ont vu la preuve d'une primaire jouée d'avance. A la veille de l'ouverture du scrutin, le candidat Pierre-Yves Bournazel n'a donc pas ménagé NKM, l'accusant de prolonger sa campagne au-delà du délai autorisé.

Le candidat a annoncé avoir saisi le conseil supérieur de la primaire sur ce point. "Aujourd'hui même, alors que la fédération nous avait expliqué que la campagne s'arrêtait [jeudi soir], Nathalie Kosciusko-Morizet organise des points de rencontre (...) dans tout Paris, où son équipe va continuer sa campagne vendredi, samedi et lundi", a-t-il regretté auprès de l'AFP. "On n'a jamais vu ça, dans une démocratie", a-t-il encore tempêté.