"Front républicain" : qui conseille de voter quoi ?

Alors que le FN apparaît en position de force pour le second tour des municipales, PS, UMP et UDI n'ont pas la même stratégie face au parti d'extrême droite.

Le dépouillement des votes à Lyon (Rhône), le dimanche 23 mars 2014. 
Le dépouillement des votes à Lyon (Rhône), le dimanche 23 mars 2014.  (JEFF PACHOUD / AFP)

Que faire face au FN au second tour ? Le Front national a réalisé, dimanche 23 mars, une spectaculaire progression au premier tour des municipales. A Perpignan, Avignon, Forbach, Béziers, Fréjus ou encore Tarascon, le FN est arrivé en tête. Il est en mesure d'enregistrer d'autres victoires après celle d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où Steeve Briois l'a emporté dimanche, permettant au parti de gagner pour la première fois une ville de plus de 10 000 habitants dès le premier tour.

Au second tour, le FN devrait être présent dans plus d'une centaine de triangulaires. Face au FN, les partis affichent différentes stratégies : "front républicain", "ni ni"… Qui dit quoi ? Francetv info fait le point.

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L'UMP fidèle au "ni PS ni FN"

Comme prévu, l'UMP restera fidèle à sa ligne depuis 2011, le "ni PS ni FN". En cas de triangulaire, les candidats UMP arrivés en troisième position, derrière le PS et le FN, sont appelés par leur parti à continuer leur campagne pour le second tour. Jean-François Copé, le président de l'UMP, appelle les Français à un "vote utile" en adressant "un carton rouge à François Hollande après le carton jaune de ce soir". 

FRANCE 2

"Nous nous sommes tous mis d'accord à l'UMP pour refuser toute alliance avec le Front national et refuser le front républicain", prévient Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy et député des Yvelines. U"front républicain" commun entre la droite et la gauche pour faire barrage aux candidats d'extrême droite serait une "idée folle". 

L'ancien Premier ministre François Fillon confirme : "aucun désistement" en faveur de la gauche et aucune "alliance" avec le FN.

Le PS prône un "front républicain…

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a prévenu que la majorité ferait "tout pour empêcher qu'un candidat FN emporte une municipalité""Là où il y a un risque que le FN l'emporte et où nous sommes arrivés en troisième, nous prendrons la décision qui est nécessaire", explique le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, en annonçant le retrait de la liste socialiste de Saint-Gilles (Gard), où Gilbert Collard est arrivé en tête.

Officiellement, les socialistes prônent donc le "front républicain". Le PS, Europe Ecologie-Les Verts et le PCF ont décidé le "rassemblement le plus large" au deuxième tour, a précisé Harlem Désir. Et gare à ceux qui se risqueraient à désobéir. Elles n'obtiendraient pas l'investiture du Parti socialiste pour le second tour, a prévenu le porte-parole du parti, David Assouline.

Mais dans le détail, la consigne a du mal à passer. Béziers (Hérault), le socialiste Jean-Michel Du Plaa hésite. Arrivé troisième derrière Robert Ménard et le maire sortant UMP Elie Brun, il n'annoncera sa décision que mardi matin. C'est aussi le cas à Hayange (Moselle) ou à Fréjus (Var). Pourquoi de telles hésitations sur la ligne décidée au niveau national ? "C'est vrai que c'est compliqué parce qu'on perd des conseillers municipaux pendant six ans. Avant de prendre une décision, il faut écouter les camarades localement", explique à L'Express.fr Laura Slimani, présidente des Jeunes socialistes.

… tout comme l'UDI

La vice-présidente de l'UDI Rama Yade, fidèle au mot d'ordre de son parti, préconise un "front républicain" dans les villes où le FN arrive en tête. L'UDI demande au PS et à l'UMP de se retirer dans plusieurs villes pour contrer le FN. Le parti centriste a retiré une de ses candidates présente sur la liste UMP de Forbach (Moselle), où le numéro deux du FN, Florian Philippot, est arrivé en tête dimanche soir. Le parti de centre-droit recense neuf cas, comme Carpentras (Vaucluse) ou Saint-Gilles

Le FN "se maintiendra" au second tour

"Le Front républicain, cela n'existe pas. C'est un fantasme des rédactions parisiennes", a dénoncé Robert Ménard, soutenu par le FN et arrivé en tête au premier tour à Béziers. Interrogée sur une éventuelle consigne de vote, Marine Le Pen a prévenu : "Je n'ai eu de cesse de dire que la droite et la gauche mènent exactement la même politique. Nous sommes une grande force autonome. La règle, c'est que nous nous maintiendrons."