Concurrence des galeries commerciales, loyers trop élevés, problèmes de parking : le centre-ville de Perpignan se vide de ses commerces

Le centre-ville de Perpignan est délaissé au profit des centres commerciaux à la périphérie de la ville.

Rue de la Fusterie dans le centre-ville de Perpignan (Pyrenées-Orientales), le 25 octobre 2019 (photo d\'illustration).
Rue de la Fusterie dans le centre-ville de Perpignan (Pyrenées-Orientales), le 25 octobre 2019 (photo d'illustration). (MICHEL CLEMENTZ / MAXPPP)

"C’est mort", décrit Émilie qui attend les clients comme des dizaines de commerçants du centre-ville de Perpignan dans les Pyrénées-Orientales. "Ça fait dix mois que l’on a ouvert et on avait deux étages. Au fur et à mesure, on a dû fermer les étages", indique la responsable d’une boutique de prêt-à-porter. Perpignan subit de plein-fouet la désertification de son centre-ville : 23 commerces disparaissent chaque année en moyenne.

Un enjeu pour les prochaines municipales. C’est la liste conduite par Louis Aliot et soutenue par le Rassemblement national qui est en tête des intentions de vote, d’après un sondage Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo, France Bleu et L'Indépendant. Aux dernières élections de 2014, plusieurs partis s'étaient alliés pour faire barrage au Front national. Mais cette année, plusieurs candidats pourraient bien se maintenir au second tour.

La concurrence des galeries commerciales

La désertification du centre-ville, Evelyne de la boulangerie "Saint Jean" veut nuancer ce triste constat : "Je trouve ça complètement exagéré et je pense que ceux qui tiennent ce genre de langage se tirent une balle dans le pied". Pour elle, les commerçants ont une part de responsabilité. "Avant, tous ces commerces étaient ouverts à 9 heures du matin. Maintenant, certains sont ouverts à 10 heures parfois même plus tard". Elle reconnaît cependant qu'"il ne se passe pas une journée" sans qu’elle n’entende des critiques sur le centre-ville "mais il ne faut pas trop noircir le tableau".

Peut être que les commerçants devraient se remettre en cause.Evelyne, boulangèreà franceinfo

Pour expliquer le phénomène, il suffit d’aller en périphérie de la ville. Les centres commerciaux encerclent Perpignan. La galerie commerciale "Porte d’Espagne" est la plus ancienne avec 51 boutiques qui sont ouvertes de 9 heures à 20 heures. "Perpignan, c’est magnifique mais il y a le problème du parking, explique Lila, une habituée de la galerie commerciale. C'est difficile de se garer et en plus il faut payer". Elle se souvient d'une autre époque où "quand on allait dans le centre-ville, il y avait tous les magasins que l’on aimait".

Maintenant H&M, il est dans la galerie commerciale et il a fermé en centre-ville.Lila, cliente de la galerie commerciale "Porte d’Espagne"à franceinfo

"Ça me désole qu'il n'y ait pas eu une prise de conscience. Elle commence à arriver mais elle est un peu tardive", explique Bernard Fourcade, le président de la Chambre de commerce et d’industrie des Pyrénées-Orientales. Il soulève un autre point : le prix des loyers, très élevé en centre-ville. Les bailleurs préfèrent ne pas louer que de baisser les prix. "Et après, cela fait boule de neige. Quand vous rentrez dans une rue où 90% des magasins sont fermés, c’est difficile", estime Bernard Fourcade.

Pour le président de la Chambre de commerce, après avoir mangé le centre-ville, les centre commerciaux vont se manger entre eux, créant ainsi des friches commerciales dans et autour de la ville.

À Perpignan, le centre-ville se vide peu à peu de ses commerces - Le reportage de Valentin Dunate
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