Municipales : Roubaix, capitale de l'abstention

Lors des dernières élections municipales, en 2014, la ville de Roubaix (Nord) a enregistré un taux d'abstention de 62%, un record. Pour enrayer ce phénomène et pousser les gens à aller voter, les collectifs de quartier se mobilisent.

FRANCEINFO

Convaincre ceux qui ne votent pas, c'est la priorité de Fatiha Touimi, et ces militants roubaisiens. Avec leur collectif de quartier, "Servir", chaque semaine, ils organisent des actions de sensibilisation. Aujourd'hui, c'est le tractage. Malgré les refus, Fatiha ne veut pas baisser les bras. "Les gens ne sont pas intéressés par la politique, mais il faut essayer de les convaincre. Il faut vraiment échanger. Je leur dis : 'De toute façon, il faut donner votre voix. Si vous ne vous exprimez pas, vous ne pouvez rien faire'", explique-t-elle. L'abstention à Roubaix est devenue un fléau, et c'est de pire en pire après chaque élection. En 2001, pendant les municipales, il pointe à 54,9%, 60,5% en 2008 et 61,6% en 2014.

45% de la population vit sous le seuil de pauvreté

Les raisons sont multiples : certains sont déçus des politiques, quand d'autres ignorent leurs droits. C'est le cas de Maria. À 68 ans, elle votera pour la toute première fois. Cette Portugaise ne savait pas qu'elle avait le droit de vote en tant que citoyenne européenne. "Je suis un peu émue, parce que ça fait cinquante ans que je suis ici et que je viens seulement de découvrir que je pouvais voter. C'est un devoir pour nous, pour nos enfants et nos petits-enfants", indique-t-elle. En plus d'expliquer les enjeux du vote, le collectif "Servir" s'occupe même des inscriptions sur les listes électorales. Une simulation de vote est prévue avec des candidats fictifs. Avec ces taux de participation faibles, Roubaix est devenue la capitale de l'abstention. Ici, presque 1 actif sur 3 est au chômage et 45% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Les communes refusent de prendre à leur charge le rapatriement des urnes jusqu\'à la préfecture. (illustration)
Les communes refusent de prendre à leur charge le rapatriement des urnes jusqu'à la préfecture. (illustration) (SEBASTIEN BOZON / AFP)