VIDEO. Le premier tour des élections législatives est "une claque pour toute une génération à laquelle j'appartiens" juge Emmanuelle Cosse

Après sa défaite lors du premier des élections législatives, Emmanuelle Cosse, candidate du Parti écologiste en Seine-Saint-Denis, a regretté, lundi sur franceinfo, qu'une génération de personnes politiques soit mise de côté. 

FRANCEINFO / RADIOFRANCE

Emmanuelle Cosse, candidate du Parti écologiste, a été éliminée au premier tour des législatives dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis. Ces élections "ne sont plus un combat d'idées", ni "un combat de personnes", "c'est uniquement l'étiquette politique qui a fonctionné", a déploré l'ancienne ministre du Logement sur franceinfo, lundi 12 juin.

franceinfo : Beaucoup de figures du quinquennat de François Hollande ont été battues. Quelle est votre réaction ?

Emmanuelle Cosse : Ce sont toutes les grandes figures de gauche, de ces cinq dernières années, qui sont éliminées. Le pari des législatives était qu'une campagne de terrain, un vrai travail sur un programme de gauche et l'écologie pouvaient essayer d'inverser cette tendance très forte entre En Marche !, La France insoumise et le Front national. On se rend compte qu'en fait les législatives ont plutôt amplifié les choses. C'est très difficile de se demander comment on aurait pu faire autrement. Très clairement, c'est uniquement l'étiquette politique qui a fonctionné. J'ai discuté avec des électeurs qui m'ont dit qu'ils votaient pour Emmanuel Macron. Ils ne connaissent pas le nom du député, ni son programme. Ce n'est plus un combat d'idées, ce n'est plus un combat de personnes, c'est savoir quelle est la bonne étiquette. À partir de là, je ne vous cache pas que ça fait réfléchir sur "c'est quoi faire la politique aujourd'hui".

La République en marche ! devrait avoir une très forte majorité, cela vous inquiète ?

Cela m'inquiète. Tout le monde peut faire de la politique. Cependant, il est très étonnant que dans cette élection, la question de nos capacités à faire bien les choses ou à les faire mal n'a jamais été mise en débat. Au-delà de ça, il faut vraiment qu'on s'interroge sur notre système parlementaire. Il y a plus de trois-quarts des voix exprimées dans cette élection législative qui ne sont pas représentées dans les résultats finaux de second tour. On peut donc s'interroger sur "c'est quoi la légitimité de cette Assemblée ?".

Après tout, si Emmanuel Macron a une majorité à l'Assemblée, n'est-ce pas cohérent ?

L'élection présidentielle a été volée à une grande partie des électeurs, avec un Front national massif, un candidat des Républicains hors-jeu. Emmanuel Macron ne préside plus un mouvement politique, il préside pour l'ensemble des Français. Il est certain qu'aujourd'hui, c'est une claque pour toute une génération à laquelle j'appartiens. D'un seul coup, on met de côté de manière très violente des gens qui étaient très compétents, qui étaient aussi le renouveau de leur propre famille politique. Je m'interroge sur comment cela va vivre dans les années qui viennent.

"L'élection présidentielle a été volée à une grande partie des électeurs", Emmanuelle Cosse
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Emmanuelle Cosse, ex-ministre du Logement sur franceinfo, lundi 12 juin 2017.
Emmanuelle Cosse, ex-ministre du Logement sur franceinfo, lundi 12 juin 2017. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)