Législatives 2024 : ce qu'il faut retenir de la journée du jeudi 20 juin

Les représentants des principaux partis dans la course aux législatives ont réalisé leur grand oral devant les organisations patronales.
Article rédigé par franceinfo
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Jean-Luc Mélenchon (gauche) et François Ruffin sur les bancs de l'Assemblée nationale, à Paris, le 28 janvier 2020. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Dans la campagne éclair des élections législatives anticipées, les formations politiques n'ont pas pu éviter la présentation des mesures économiques de leur programme face aux organisations patronales, jeudi 20 juin. Du côté du Nouveau Front populaire, les tensions restent vives. Le bloc central, lui, entame sa mue et, à droite, Eric Ciotti réclame au ministère de l'Intérieur une nouvelle étiquette pour les candidats LR qui sont alliés au RN. Franceinfo résume les faits marquants de cette journée.

"François Ruffin a choisi la rupture avec moi", estime Jean-Luc Mélenchon

L'ancien candidat à la présidentielle a accordé un entretien au Figaro dans lequel il revient, notamment, sur sa relation avec François Ruffin, député sortant de la Somme. Ce dernier avait dénoncé le "sectarisme" et la "bêtise" de la commission d'investiture de LFI, qui n'a pas réinvesti plusieurs députés sortants ayant eu, selon lui, "l'impudence d'avoir un désaccord avec le grand chef", Jean-Luc Mélenchon.

"François Ruffin a choisi la rupture avec moi, et non l'inverse", déclare Jean-Luc Mélenchon. "Je n'ai jamais dit de mal de lui, et je n'en dirai pas plus aujourd'hui qu'hier. D'ailleurs, il a été réinvesti par LFI, comme Clémentine Autain. Ils ne l'ont pas refusé avant la clôture des inscriptions ! Où est la 'purge' qu'on m'attribue ?, argue-t-il. Je ne mérite pas sa vindicte blessante."

Emmanuel Macron "a décidé de tuer la majorité présidentielle", selon Edouard Philippe

Au centre de l'échiquier politique, l'équilibre des forces est rebattu à la suite de la dissolution surprise de l'Assemblée nationale voulue par Emmanuel Macron. "Il a pris sa décision seul", a déclaré l'ancien Premier ministre Edouard Philippe à TF1. "C'est le président de la République qui a tué la majorité présidentielle", a fustigé le dirigeant du parti Horizons, appelant à tourner la page : "Il a décidé de la dissoudre. Très bien. On passe à autre chose."

"Mon objectif, c'est de construire une nouvelle majorité parlementaire, pas sur les mêmes bases que l'ancienne, sur des bases un peu plus larges pour qu'elle soit un peu plus solide et que l'on puisse avancer un peu plus loin", a expliqué le maire du Havre sur le plateau de "C à Vous", sur France 5.

Eric Ciotti souhaite que ses candidats soient étiquetés "union de la droite"

Le président des Républicains, qui s'est allié au Rassemblement national pour les législatives, critique la classification de ses 62 candidats par le ministère de l'Intérieur. La place Beauvau les qualifie de membres de l'"union de l'extrême droite". "Nous sommes l'union de la droite et rien d'autre", a-t-il défendu. "Cette manipulation grossière orchestrée par le ministère de l’Intérieur constitue un scandale démocratique d’une gravité inédite", a-t-il jugé.

"D'un côté, les Français patriotes sont injustement étiquetés, et de l’autre, une extrême gauche séditieuse, factieuse et antisémite bénéficie d’une terminologie bien plus douce", a-t-il dénoncé dans un communiqué, demandant une "rectification immédiate" de cette classification.

Les candidats présentent leur programme économique face aux patrons

Les représentants des principaux partis dans la course aux législatives ont réalisé leur grand oral devant le Medef, première organisation patronale. Le large auditoire comptait aussi la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), l'Union des entreprises de proximité (U2P), ou encore le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti).

"Il ne faut absolument pas changer la logique" de la politique pro-entreprises mise en œuvre depuis 2017, a déclaré Edouard Philippe pour Horizons. Il a été suivi par Eric Coquerel (LFI) et Boris Vallaud (PS) pour le Nouveau Front populaire, qui ont demandé un "effort" de "solidarité et de patriotisme économique" aux milliardaires.

Jordan Bardella et Eric Ciotti sont apparus pour la première fois côte à côte depuis l'annonce de leur alliance. Le président du RN a dénoncé la "déraison budgétaire" du gouvernement et le "risque de décrochage économique". Il a promis un audit des comptes publics pour y remettre "de l'ordre". "La marge de manœuvre budgétaire de la France, elle est nulle", a prévenu le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Pour lui, les programmes de l'union de la gauche et du RN sont "délirants et à contretemps de la situation des finances publiques".

Le président du Medef, Patrick Martin, a sévèrement critiqué la proposition du Nouveau Front populaire d'établir le smic à 1 600 euros. "Si on veut précipiter la faillite d'entreprises, allons-y gaiement", a-t-il lancé. Sur l'union de l'extrême droite, il a montré d'importantes réserves : "On n'a absolument pas compris quel serait le calendrier et la réalité" de l'abrogation de la réforme des retraites, jugeant que "quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup".

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