Législatives 2024 : le secteur de l'innovation français redoute que "tout s'arrête à cause de décisions radicales"

"Aujourd'hui, la France est clairement parmi les capitales mondiales de l'intelligence artificielle", revendique Maya Noël, à la tête de la France digitale qui pointe que cette industrie fait largement appel "à des salariés qui ne viennent pas de l'Union européenne".
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Intelligence artificielle (illustration). (LA NACION / MAXPPP)

"Il ne faudrait pas que tout s'arrête dès demain par des décisions radicales". À l'approche des législatives anticipées, cette déclaration sur France Inter de Maya Noël, à la tête de la France digitale, traduit l'inquiétude qui règne dans le secteur de l'innovation français, particulièrement choyé depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. En filigrane : la crainte de voir le Rassemblement national ou le Nouveau Front populaire accéder aux responsabilités.

"Depuis plus de dix ans, on a réussi quelque part à aligner les planètes, à avoir suffisamment de capitaux, suffisamment de talents et réussi à ouvrir de nouveaux marchés qui nous permettent d'être un pays attractif en matière d'innovation. Aujourd'hui, la France est clairement parmi les capitales mondiales de l'intelligence artificielle", souligne la directrice générale de cette association qui défend les intérêts des start-up françaises.

"Tout ce qui limite l'immigration serait néfaste"

Si elle ne cite pas nommément le parti de Marine Le Pen, c'est bien sa politique en matière d'immigration qui lui fait peur. "Parmi les entreprises innovantes, près d'une sur cinq fait appel à des salariés qui ne viennent pas de l'Union européenne. Des profils qui peuvent venir du Maghreb, des profils qui viennent d'Asie. On a besoin de ces talents pour pouvoir continuer de se développer", affirme-t-elle.

"Tout ce qui limite l'immigration serait néfaste", insiste auprès de France Inter le patron d'une des plus grosses entreprises d'intelligence artificielle (IA) en France, sous couvert d'anonymat. Au-delà de la main d'œuvre, il y a la question cruciale des investissements étrangers. "On ne peut pas se couper du monde", met en garde Philippe Corrot, co-président directeur général de Mirakl. "Les décisions qu'on est en train de prendre maintenant vont avoir un impact sur les vingt prochaines années, peut-être même plus", souligne celui qui a cofondé cette start-up spécialisée dans le e-commerce. Il alerte sur "un risque de déclassement majeur de la France pour les prochaines décennies, peut-être irrattrapable".

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