Législatives 2024 : conflit au Proche-Orient, Russie… Quelles sont les propositions des principaux partis sur la politique étrangère ?

Avant les élections législatives, franceinfo fait le point sur les principales mesures avancées dans cette campagne. En matière de politique étrangère, les partis ont quelques désaccords sur leur posture à l'internationale.
Article rédigé par franceinfo
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Les différents partis de gauche se sont mis d'accord dans leur programme à propos de la guerre à Gaza. (VICTORIA VALDIVIA / HANS LUCAS)

L'essentiel sur les programmes

Guerre en Ukraine, au Proche-Orient, engagement européen ou au sein de l'Otan... Pas facile d'y voir toujours clair, car en cette campagne éclair, les programmes sont souvent succincts. L'usage veut que la politique étrangère relève du "domaine réservé" du président de la République. C'est un peu plus compliqué. Mais pour le parti présidentiel, cela simplifie les choses : Ensemble pour la République s'inscrit dans la continuité de l'action d'Emmanuel Macron.

Sur l'Ukraine

À l'instar du président qui s'affiche en premier soutien de l'Ukraine, le parti présidentiel promet à Kiev des avions, des armes et des munitions. "Promesses en l'air", dénonce les Républicains qui veulent un soutien financier massif à l'Ukraine, mais exclut son adhésion à l'Union européenne.

À gauche, il a fallu trouver un terrain d'entente entre le soutien indéfectible défendu par Raphaël Glucksmann et le refus de l'escalade affichée par les Insoumis. Au final, le Nouveau Front populaire soutient la souveraineté du peuple ukrainien, l'intégrité de ses frontières et la livraison d'armes nécessaires.

C'est également le cas de Jordan Bardella qui lisse le discours du RN historiquement pro-Kremlin et dont plusieurs candidats aux législatives sont des soutiens de Moscou. Jordan Bardella dit vouloir maintenir le soutien militaire à l'Ukraine, avec toutefois une ligne rouge : pas d'envoi de missiles à longue portée qui permette de frapper le territoire russe.

Sur la guerre à Gaza

La guerre entre Israël et le Hamas est l'autre sujet géopolitique majeur. Il s'agit d'un sujet épineux à gauche. Les insoumis ont fait campagne ces derniers mois sur la dénonciation d'Israël au point d'être accusé d'antisémitisme. Les termes de l'accord du Nouveau Front populaire ont été soupesés. Il condamne les massacres terroristes du Hamas, tout comme le risque de génocide à Gaza et entend reconnaître l'État de Palestine.

À la différence des macronistes et des Républicains qui ne veulent pas de reconnaissance de la Palestine, mais soutiennent la solution à deux États. Quant au Rassemblement national, il soutient Israël depuis l'attaque du 7 octobre. Un virage pro-israélien pour le parti d'extrême droite, loin de l'antisémitisme assumé de Jean-Marie Le Pen.

Sur l'UE et sur l'Otan

Que deviennent dans les programmes les grands engagements de la France, dans l'Union européenne ? Il n'est plus question d'en sortir côté RN, le Frexit est un lointain souvenir. Place à une Europe à la carte où chacun pourrait ou non coopérer selon les sujets. De son côté, le Nouveau Front populaire demande la fin des traités de libre-échange, une réforme de la politique agricole commune et la taxation des plus riches pour augmenter les ressources de l'Union européenne.

Quant à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan), le parti présidentiel affirme vouloir rester au sein de cette alliance, contrairement à "certaines opposition", car l'Otan garantit la souveraineté de la France. Le sujet d'une sortie de l'organisation transatlantique n'est cependant pas évoqué à gauche car trop clivant, et il n'est plus abordé du côté RN, ce n'est pas le moment en pleine guerre en Ukraine.

Enfin, la gauche affirme vouloir promouvoir une diplomatie au service de la paix et de la promotion des biens communs planétaires. Quand le parti présidentiel entend doubler le budget des armées d'ici 2030 et les Républicains, consacrer 3% du PIB à la Défense.

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