Pour le journal "The Guardian", Paris est l'une des villes les plus sales d'Europe

En dépeignant un portrait peu flatteur de la capitale française, le quotidien britannique évoque notamment les graffitis, les trottinettes électriques qui encombrent les trottoirs, les crottes de chien et les mégots de cigarette.

Des poubelles entassées en raison d\'une grève, le 10 juin 2016, dans le centre de Paris.  
Des poubelles entassées en raison d'une grève, le 10 juin 2016, dans le centre de Paris.   (RODRIGO AVELLANEDA / ANADOLU AGENCY / AFP)

Paris est-elle la capitale la plus sale d'Europe ? Le journal The Guardian (en anglais) semble le penser et consacre un article au manque de propreté dans les rues de la capitale française. Il affirme que les Parisiens ont surnommé leur ville "Paris poubelle", dans un article titré : "Paris, ville du romantisme, se lamente de sa nouvelle image d'homme sale de l'Europe".

La correspondante du quotidien britannique, qui regrette le changement d'image de la Ville lumière, déplore notamment que "le long du boulevard qui mène à la célèbre place de la République – glauque malgré un lifting à 25 millions d'euros il y a six ans – des sans-abri somnolent sous les porches ou sur les bancs". La journaliste évoque aussi les graffitis qui fleurissent le long du boulevard Saint-Martin, "les trottinettes électriques et les vélos en libre-service qui encombrent les trottoirs, sans parler des crottes de chien et des mégots de cigarette". 

"Chaos moral"

"Paris devient vraiment plus sale. C’est immonde partout. La ville a besoin d'une politique agressive pour rendre les rues plus propres et plus sûres", estime dans The Guardian Matthew Fraser, professeur à l'Université américaine de Paris, qui vit dans la capitale depuis près de trente ans. "Paris prospère sur son propre chaos moral. Rien n'est organisé, tout est anarchie urbaine. Je ne pense pas que les Parisiens l’aient remarqué, car c’est leur énergie chaotique."

Mais si vous êtes de l’extérieur ou d’une autre culture, la ville est un bazar. Matthew Fraser, professeur à l'Université américaine de Parisau Guardian

Le quotidien britannique estime que la propreté sera au cœur des débats de l'élection municipale prévue en 2020, alors que la ville se prépare pour les Jeux olympiques d'été de 2024. Si Anne Hidalgo reste favorite, l'actuelle maire de Paris doit relever le défi de la propreté pour battre ses concurrents, car "six mois, c'est long en politique", estime The Guardian.

L'article rappelle au passage que chaque année, la mairie de Paris dépense 550 millions d’euros pour éliminer les 16 tonnes de crottes des trottoirs parisiens, pour ramasser les 350 tonnes de mégots et pour vider les 30 000 poubelles de la capitale.