VIDEO. Laurent Wauquiez et l'Europe : un changement de ton radical

Le vice-président de l'UMP défend une Europe "à six" et propose que la France sorte de l'espace Schengen. Des propos à l'opposé de ceux qu'il tenait en 2011, lorsqu'il était ministre des Affaires européennes.

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Il est lâché par celui-là même qu'il qualifiait jadis de "père spirituel" en politique. Laurent Wauquiez est taxé de "populisme" par l'ancien commissaire européen Jacques Barrot, lui aussi membre de l'UMP. Ce dernier a dénoncé dans une tribune, parue mercredi 7 mai dans Les Echos, les propositions radicales sur l'Europe du député-maire du Puy-en-Velay (Haute-Loire). Ses positions sur l'Europe lui valent aussi d'être critiqué par le président de l'UMP, Jean-François Copé, qui a affirmé, jeudi 8 mai, que son vice-président avait "des positionnements populistes".

Pas candidat aux européennes mais agitateur d'idées

Laurent Wauquiez n'est pas candidat aux élections européennes du 25 mai, mais il compte sur la campagne électorale pour faire entendre sa voix détonante. "L'Europe ne marche plus", martèle-t-il à longueur d'interview. "Il faut tout changer", assène-t-il en écho au titre du livre qu'il vient de publier. Fin avril, il a aussi cosigné une tribune en ce sens dans Le Figaro avec 37 parlementaires UMP, dont Henri Guaino.

Celui qui fut pourtant pendant 227 jours, entre 2010 et 2011, le ministre aux Affaires européennes sous la présidence de Nicolas Sarkozy, plaide désormais pour une Europe "à six" , car il l'assure, "l'élargissement de l'Union européenne à 28 a été une erreur majeure". Il semble loin le temps où, en 2011, le ministre, "pro-européen" convaincu, défendait l'entrée de la Croatie dans l'UE et assurait qu'il était "hors de question" de remettre en cause Schengen.

L'élu propose désormais de former "un noyau dur" de pays partageant les mêmes valeurs. La France, l'Allemagne, la Belgique, le Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne seraient les membres de ce club où la fiscalité serait harmonisée. Autre proposition iconoclaste : que la France sorte de Schengen, l'espace de libre circulation que Laurent Wauquiez qualifie d'échec. Pas question pour lui, cependant, d'abandonner l'euro.

 

Le député-maire du Puy-en-Velay, Laurent Wauquiez à l\'Assemblée nationale (Paris), le 3 avril 2013.
Le député-maire du Puy-en-Velay, Laurent Wauquiez à l'Assemblée nationale (Paris), le 3 avril 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)