Reportage "J'hésite entre Jordan Bardella et Marion Maréchal" : pour les européennes, de nombreux sympathisants de Reconquête encore indécis

Le parti d'extrême droite d'Eric Zemmour espère atteindre les 5% aux élections européennes et obtenir des sièges au Parlement. Mais la campagne peine à démarrer face à la liste du Rassemblement national.
Article rédigé par franceinfo
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Marion Maréchal, tête de liste du parti d'extrême droite Reconquête, lors d'un meeting pour les élections européennes de juin, au Palais des Sports à Paris, le 10 mars 2024. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

"Merci d'accueillir Madame Marion Maréchal !" Ce soir-là dans la banlieue de Lyon, la tête de liste du parti Reconquête aux élections européenne est la star du meeting. Mais dans la salle, les sympathisants ont aussi un autre nom à la bouche : "C'est Bardella", lâche l'un d'entre eux. "Il parle bien aussi mais je préfère Maréchal", confie une autre.

Le parti d'extrême droite d'Éric Zemmour joue sa survie politique dans ce scrutin européen. Après un score honorable à la présidentielle, puis des législatives décevantes, Reconquête rêve d'envoyer des élus à Strasbourg. Mais pour l'instant la campagne patine, et la liste n'est pas assurée d'atteindre le seuil des 5% pour obtenir quelques sièges. De son côté, Claudine réfléchit encore : "Ce sera entre Jordan Bardella et Marion Maréchal. Pour tout ce qui concerne les problèmes d'immigration, ils sont effectivement dans la même idéologie entre guillemets, mais au niveau économique, ils ont d'assez grandes divergences."

Des alliances futures avec le RN ?

Le parti Reconquête est plus libéral, le Rassemblement national est plus étatiste. Cette sympathisante aurait finalement préféré que ces deux camps accordent leur violon pour ne proposer qu'une liste aux européennes. Adrien est bien d'accord, il a récemment quitté le parti de Marine Le Pen pour celui de sa nièce : "Certains vont peut-être continuer à voter RN pour ces élections, mais ils sont pour une alliance avec le parti Reconquête. Ce ne sera pas pour les européennes, mais peut-être demain dans le futur."

Une alliance n'est pas pour tout de suite, rebondit l'un des cadres du parti : "C'est méconnaître et l'histoire politique française et européenne, explique Guillaume Peltier. Est-ce que Mitterrand gagne en fusionnant avec le Parti communiste ? Non. Est-ce que Meloni gagne en Italie en fusionnant Forza Italia, la Lega et Fratelli d'Italia ? Non, [mais] personne ne gagnera jamais seul."

"Je veux qu'on gagne en 2024 au niveau européen. Je veux qu'on gagne en 2027. Et pour ça, il faudra additionner tous ceux qui sont d'accord sur un programme commun."

Guillaume Peltier, du parti Reconquête

à franceinfo

Dans l'immédiat, le parti pense avoir trouvé l'argument qui fera mouche auprès des électeurs patriotes qui hésitent. "Les intérêts de la France seront d'autant mieux défendus si les deux partis sont présents, résume Marion Maréchal. Or, le seuil de qualification de cette élection, c'est 5%. Nous, à l'heure où l'on parle, ce n'est pas acquis. Et donc l'électeur qui hésite a tout intérêt à voter pour Reconquête pour pouvoir garantir cette élection, et si tant est qu'il apprécie ces deux candidats, avoir l'assurance d'avoir ces deux candidats demain au Parlement européen."

Pour résumer, selon la candidate, le RN et Reconquête seraient complémentaires et ils auront forcément des votes en commun dans le prochain hémicycle.

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