Européennes : voulu par Hidalgo, le vote dès 16 ans ne sera pas testé à Paris

La maire de Paris avait demandé au ministère de l'Education nationale la possibilité d'expérimenter cette mesure à l'occasion des européennes. Mais ce dernier n'a pas répondu.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 21 avril 2019 à Paris.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 21 avril 2019 à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Les lycéens ne voteront pas. L'expérimentation du vote dès 16 ans à l'occasion des élections européennes, voulue par la maire de Paris, Anne Hidalgo, n'aura finalement pas lieu faute de réponse du ministère de l'Education nationale, rapporte l'AFP mardi 7 mai. "Le 1er avril, la maire de Paris a adressé un long courrier à Jean-Michel Blanquer", ministre de l'Education nationale, "pour dire qu'elle souhaitait expérimenter ce vote" dans certains lycées de la capitale, précise l'adjoint à la maire de Paris chargé de l'Education, Patrick Bloche.

Or, "cinq semaines plus tard, nous n'avons pas eu de réponse du ministère", a regretté l'élu socialiste. "Il n'est plus possible d'organiser cette expérimentation pour des raisons de temps et d'organisation", a ajouté Patrick Bloche, regrettant une "occasion manquée". Pour l'élu, "cette non-réponse vise tout simplement à ce que le ministre ne soit pas amené à prendre position dans un sens ou dans un autre" sur l'abaissement de l'âge du droit de vote. 

Les voix n'auraient pas été prises en compte

"C'est dommage (...), cette expérimentation aurait pu permettre de motiver [les jeunes], de les faire s'intéresser à un débat électoral", a déploré Patrick Bloche. Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Education indique que "la réponse de Jean-Michel Blanquer à madame Hidalgo est en cours", en précisant qu'elle a "nécessité une expertise juridique"

Début avril, Anne Hidalgo avait soutenu dans Le Monde cette expérimentation, proposée selon elle par "un collectif de Sciences Po" Saint-Germain-en-Laye. "Favorable au vote dès 16 ans", elle avait ainsi défendu ce test "dans les conditions du réel", proposant que "les jeunes de 16 à 18 ans scolarisés dans les douze lycées municipaux [votent] dans leurs établissements un peu avant le 26 mai, avec des bulletins et dans des isoloirs comme dans tous les bureaux de vote". "Mais évidemment, leurs voix ne seront pas intégrées dans le scrutin national. Et les résultats seront publiés après le 26 mai, pour ne pas interférer avec l'élection officielle", avait-elle alors précisé.