Elections européennes : en Hongrie, le Parti national-conservateur de Viktor Orban remporte haut la main le scrutin

La coalition entre le Fidesz, parti du Premier ministre hongrois, et le parti populaire chrétien-démocrate (KDNP), au pouvoir en Hongrie, recueille 52,33% des voix et 13 sièges.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors d\'un discours devant les membres et sympathisants de son parti Fidesz, le 10 février 2019 à Budapest (Hongrie). 
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors d'un discours devant les membres et sympathisants de son parti Fidesz, le 10 février 2019 à Budapest (Hongrie).  (ATTILA KISBENEDEK / AFP)

Une victoire qui ferait rêver de nombreux partis au pouvoir en Europe. La coalition qui gouverne en Hongrie, regroupant le Parti national-conservateur Fidesz du Premier ministre, Viktor Orban, et le Parti populaire démocrate-chrétien (KDNP), remporte largement les élections européennes dans le pays, dimanche 26 mai, avec 52,33% des voix, selon les résultats communiqués par le Parlement européen.

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Quels étaient les enjeux du scrutin ?

Le parti nationaliste Fidesz a fait de la lutte contre l'immigration le cœur de sa campagne pour les élections européennes. "Nous nous prononcerons sur le destin de l’Europe : si elle doit continuer d’appartenir aux Européens ou si nous devons céder la place à des masses venues d’autres cultures, d’autres civilisations", avait ainsi lancé Viktor Orban à Budapest, le 5 avril, rappelle La Voix du Nord. Le Premier ministre hongrois avait appelé à "protéger notre culture chrétienne, européenne" contre "le multiculturalisme"

Le Premier ministre espérait gagner des sièges avec cette rhétorique anti-immigration. D'après le Financial Times (article en anglais), il visait 14 des 21 sièges hongrois au Parlement européen, contre 12 avant les élections. Il espérait aussi renforcer son influence et sa place dans la sphère des droites européennes. Car la situation de Viktor Orban, avec ses positions de plus en plus proche de l'extrême droite, est délicate auprès de ses alliés en Europe. Son Fidesz a été suspendu du Parti populaire européen (PPE) en mars, après des affiches accusant le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros de comploter pour attirer des migrants musulmans en Europe. 

Quels sont les résultats ?

La coalition Fidesz-KDNP arrive nettement en tête, avec 52,33% des votes et 13 sièges. Loin derrière, le Jobbik (parti ultranationaliste d'extrême droite) arrive cinquième avec 6,41% des votes et 1 siège au Parlement européen, contre trois jusqu'à présent.

La coalition démocratique, également de centre gauche, remporte quatre sièges avec 16,19% des voix, contre deux sièges auparavant. Le jeune parti centriste et pro-européen Momentum obtient 9,89% des voix, et 2 sièges. La coalition de centre gauche entre le Parti socialiste hongrois et le parti Dialogue arrive quatrième avec 6,66% des votes. Elle obtient ainsi 1 siège dans l'hémicycle de Strasbourg.

Quant au parti écologiste de centre gauche La politique peut être différente (LMP), né en 2009, il n'obtient aucun siège, avec 2,18% des voix. 

Quelles sont les personnalités élues ?

Tête de liste de la coalition Fidesz-KDNP, le ministre de la Justice hongrois, Laszlo Trocsanyi, est l'une des premières figures élues avec ce scrutin. A 63 ans, cet ancien ambassadeur (en Belgique, au Luxembourg ou encore en France entre 2010 et 2014) est connu pour ses positions strictes en matière d'immigration – à l'image de son Premier ministre, Viktor Orban. 

La tête de liste du parti d'extrême droite Jobbik, le député hongrois Marton Gyongyosi, doit également faire son entrée au Parlement européen. Agé de 41 ans, il est très controversé en raison de propos antisémites qu'il a tenus dans le passé. En 2012, il avait proposé, lors d'une discussion sur le conflit israélo-palestinien, de recenser "le nombre de personnes d'origine juive qui représentent un certain risque pour la sécurité nationale de la Hongrie", rappelle Le Figaro

Le député Bertalan Toth, leader du Parti socialiste hongrois et tête de liste pour la coalition MSZP-Parti Dialogue, entre également dans l'hémicycle de Strasbourg. 

Que faut-il retenir de ces élections en Hongrie ? 

Le Fidesz de Viktor Orban sort conforté de ce scrutin. Sa coalition Fidesz-KDNP avait en effet obtenu 51,48% des voix en 2014, rappelle le site du Parlement européen. Il parvient à faire aussi bien cinq ans plus tard.

Le Jobbik (6,41%) s'effondre par rapport à son score d'il y a cinq ans, où il avait obtenu 14,67% des voix. Le Parti socialiste hongrois perd aussi du terrain : il avait remporté 10,90% des voix en 2014, il tombe à 6,66%. L'autre coalition de centre gauche (DK) est néanmoins renforcée, car elle avait obtenu 9,75% des voix en 2014, contre 16,19% cette année.