Résultats européennes 2019 : le parti d'extrême droite La Ligue l'emporte en Italie, le Parti démocrate arrive deuxième

La Ligue du ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, recueille 33,64% des voix et 28 sièges au Parlement européen. 

Le ministre de l\'Intérieur et leader de la Ligue, Matteo Salvini (à droite), avec Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles et vice-Premier ministre (à gauche), lors de l\'investiture du nouveau gouvernement italien mené par Giuseppe Conte, le 1er juin 2018 à Rome (Italie). 
Le ministre de l'Intérieur et leader de la Ligue, Matteo Salvini (à droite), avec Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles et vice-Premier ministre (à gauche), lors de l'investiture du nouveau gouvernement italien mené par Giuseppe Conte, le 1er juin 2018 à Rome (Italie).  (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

C'était l'un des votes les plus scrutés d'Europe. Organisées dans cinq circonscriptions – le nord-est, le nord-ouest, le centre, le sud et les îles –, les élections européennes en Italie se sont soldées, dimanche 26 mai, par la victoire du parti d'extrême droite La Ligue, et par la consécration de son leader, le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.

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Ce parti eurosceptique et populiste, membre de la coalition gouvernementale italienne, qui n'avait obtenu que 6,15% des voix lors du scrutin européen de 2014, remporte cette fois 33,64% des votes, selon les chiffres officiels communiqués par le Parlement européen.

Quels étaient les enjeux du scrutin ?

Matteo Salvini jouait, avec ces élections européennes, sa place de leader des mouvements nationalistes du Vieux continent, avec, entre autres, son alliée, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen. Sur le plan de la politique intérieure, il espérait avec ce scrutin affaiblir le Mouvement 5 étoiles, un parti antisystème qui a récemment pris ses distances avec la Ligue, notamment sur les questions d'immigration et de sécurité.

La Ligue était donnée largement favorite de ce scrutin. Selon un sondage de Kantar Public pour le Parlement européen, publié en avril, le parti d'extrême droite était donné vainqueur avec 31,4% des intentions de vote et 26 sièges au Parlement européen. Le Mouvement 5 étoiles arrivait deuxième, avec 21,5% des intentions de vote et 18 sièges, devant le Parti démocrate (centre-gauche), avec 20% des voix et 16 sièges. Forza Italia, le parti représenté entre autres par l'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi, recueillait 10% des intentions de vote et 8 sièges, selon ce sondage. 

Quels sont les résultats ?

La Ligue domine donc les autres partis italiens en recueillant 33,64% des votes, ce qui lui permet d'obtenir 28 sièges au sein de l'hémicycle de Strasbourg, contre 5 auparavant. Le Parti démocrate, vainqueur des élections européennes de 2014 avec 40,81% des voix, obtient 23,52% des votes et réussit à redevenir la 2e force politique du pays. Le Mouvement 5 étoiles s'effondre et ne recueille que 16,65% des votes. Il obtient ainsi 14 sièges au Parlement européen, contre 17 sièges entre 2014 et 2019.

Le parti de droite Forza Italia, mené par Silvio Berlusconi, arrive quatrième avec 7,81% des votes et 6 sièges, contre 13 lors de la précédente législature. Quant au parti d'extrême droite Frères d'Italie (Fratelli d'Italia), il recueille 5,84% des votes et 5 sièges. 

Quelles sont les personnalités élues ?

Matteo Salvini était tête de liste pour la Ligue dans les cinq circonscriptions italiennes prévues pour ces élections. L'ancien eurodéputé (entre 2004 et 2006 puis de 2009 à 2018) risque cependant de ne pas reprendre son siège au Parlement européen, trop occupé par ses fonctions de sénateur et de ministre de l'Intérieur. 

Parmi les élus sous l'étiquette de la Ligue, on retrouve, entre autres, Francesca Donato. Celle-ci est la présidente de l'association italienne Eurexit, qui prône une sortie de l'Italie de la zone euro "afin de relancer notre économie et de rétablir la démocratie". Un autre candidat anti-euro, Antonio Rinaldi, est également élu. Il est professeur d'économie et intervient régulièrement à la télévision italienne. 

Arrivé troisième avec 14 sièges, le Mouvement 5 étoiles envoie au Parlement européen ses cinq têtes de liste, toutes issues de la société civile. Il s'agit d'Alessandra Todde, de Chiara Maria Gemma, de Daniela Rondinelli, de Maria Angela Danzi et de l'ancienne journaliste Sabrina Pignedoli. Du côté du Parti démocrate italien, on retrouve notamment, parmi les élus, le magistrat Franco Roberti, ancien procureur national antimafia, et Pietro Bartolo, un médecin de l'île de Lampedusa connu pour son rôle dans le sauvetage de migrants. 

Tête de liste pour Forza Italia dans quatre circonscriptions, l'ancien président du conseil Silvio Berlusconi, 82 ans, retrouve les rangs du Parlement européen, après une première expérience d'eurodéputé entre 1999 et 2001.

Que faut-il retenir de ces élections en Italie ?

Avec un score passé de 6,15% à 33,64% en cinq ans, la Ligue sort renforcée de ces élections, autant sur le plan européen que sur le plan national. Matteo Salvini s'impose comme l'une des têtes de pont des eurosceptiques sur le continent. Avec 28 sièges, son parti devient l'un des plus puissants au sein du Parlement européen, et renforce sa place sur la scène politique italienne.  

Le Parti démocrate, grand gagnant des élections de 2014, est affaibli, mais maintient une deuxième position. Le Mouvement 5 étoiles obtient un score comparable à celui de 2014. La droite berlusconienne a ainsi perdu beaucoup de voix en cinq ans.