Gard : la gauche dans le flou malgré sa victoire à la présidence du conseil départemental

ll a fallu attendre le troisième tour de scrutin, jeudi, pour que le socialiste Denis Bouad l'emporte, avec une majorité relative de 22 voix sur 46. De mauvais augure pour la gauche qui aura du mal à diriger ce département.

Le socialiste Denis Bouad, élu président du conseil départemental du Gard, le 2 avril 2015 à Nîmes.
Le socialiste Denis Bouad, élu président du conseil départemental du Gard, le 2 avril 2015 à Nîmes. (ILAN CARO / FRANCETV INFO)

La gauche conserve finalement le Gard. Il a fallu attendre le troisième tour de scrutin, jeudi 2 avril, pour que le socialiste Denis Bouad l'emporte, avec une majorité relative de 22 voix sur 46. Une victoire somme toute tranquille, qui doit beaucoup à la décision d'un socialiste dissident, un temps dragué par la droite, de rester fidèle à sa famille politique.

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Un dissident socialiste au centre des convoitises

La veille, Alexandre Pissas, maire de Tresques et victorieux aux départementales contre le binôme officiellement investi par le PS, avait été l'objet de toutes les convoitises. Alors que la gauche lui proposait un poste de vice-président et sa reconduction à la tête du service départemental d'incendie et de secours (Sdis), la droite avait surenchéri en assurant qu'elle soutiendrait sa candidature à la présidence. Une manœuvre qui aurait permis de faire basculer le département à droite. Il a fallu que la gauche sorte les grands moyens pour récupérer son turbulent élu. Selon le site d'actualités locales Objectif Gard, Manuel Valls en personne lui aurait même proposé une mission interministérielle !

Jeudi matin, lorsqu'Alexandre Pissas prend la parole, avant le vote, chacun retient son souffle. Les visages socialistes se décrispent lorsqu'il annonce avoir refusé les avances de la droite. "Je voterai sans ambiguïté pour le représentant de la majorité départementale", déclare-t-il. A cet instant, une bonne partie du suspense s'évapore. La suite le confirme : les deux premiers tours de scrutin donnent 22 voix à Denis Bouad, 18 au candidat de la droite, Laurent Burgoa, et 4 à celui du Front national, Nicolas Meizonnet. Seule surprise : deux membres du groupe de droite préfèrent voter blanc.

Six années qui s'annoncent difficiles

Après une suspension de séance de 35 minutes, Laurent Burgoa, qui n'a pas fait le plein dans son propre camp, jette l'éponge, empêchant ainsi les élus FN de jouer les arbitres. Avec ses 22 voix, Denis Bouad, seul face au parti frontiste, remporte donc logiquement le troisième tour, au cours duquel une majorité relative suffit.

Dans l'auditorium du conseil départemental, qui tient lieu d'hémicycle, la gauche applaudit son vainqueur, qui remercie la droite pour son intransigeance face au FN et promet d'être un "président de consensus". A droite, les visages sont fermés. Laurent Burgoa et les siens ont pris leurs responsabilités, mais s'attirent les foudres des élus frontistes. "Je pense à ces pauvres électeurs de l'UMP. Quel sentiment peuvent-ils avoir aujourd'hui ?", s'interroge Gilbert Collard, député du Gard venu en spectateur. "Nous sommes le seul parti d'opposition dans cette assemblée", enchaîne Nicolas Meizonnet.

La gauche a beau avoir conservé ce département, elle peut s'attendre à six années difficiles. Ses 22 sièges (contre 34 lors de la mandature précédente) ne lui suffiront pas pour faire adopter les délibérations et les budgets, qui nécessitent une majorité absolue. Denis Bouad devra s'armer de diplomatie. La droite n'a peut-être pas dit son dernier mot.