Départementales : Vaucluse, Gard, Essonne... qui a gagné là où il y avait du suspense ?

Dans plusieurs départements, aucun parti ne bénéficiait de la majorité absolue. Francetv info fait le point sur l'issue des votes pour la présidence, qui a eu lieu jeudi. 

Election du nouveau président du conseil départemental de Vendée, Yves Auvinet (DVD), le 2 avril 2015.
Election du nouveau président du conseil départemental de Vendée, Yves Auvinet (DVD), le 2 avril 2015. ( MAXPPP)

Vaucluse, Gard, Tarn-et-Garonne, Pas-de-Calais, Lozère... Francetv info vous a parlé de ces départements où aucun parti n'a la majorité absolue. Et également du cas du maire UMP de Draveil, Georges Tron, un temps candidat à la présidence de l'Essonne malgré le désaveu des autres élus de droite dans ce département-symbole, puisque fief du Premier ministre, Manuel Valls.

A l'arrivée, qui a été élu président ? Avec ou sans difficultés ? Francetv info fait le point sur ces départements à suspense.

Vaucluse : le doyen UMP élu

Le suspense. Dans ce département de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, aucune majorité ne s'est dégagée ni pour Max Raspail (PS) ni pour Maurice Chabert (UMP). Logique puisque, à l'issue du second tour des départementales, dimanche 29 mars, gauche et droite avaient obtenu chacune douze sièges, juste devant l'extrême droite et ses dix élus (6 pour le FN, 4 pour la Ligue du Sud).

Le résultat. Au bénéfice de l'âge, le maire UMP de Gordes, Maurice Chabert, 71 ans, a finalement été élu président du conseil départemental du Vaucluse à l'issue des trois tours de scrutin. En cas d'égalité parfaite, c'est en effet le doyen des candidats qui l'emporte.

Gard : le PS garde la présidence

Le suspense. Là aussi, aucune majorité absolue ne s'était dégagée à l'issue du second tour des départementales. La gauche a obtenu onze cantons, la droite dix, et le parti de Marine Le Pen, arrivé en tête dans treize cantons au premier tour, deux. Le président sortant du département, le socialiste Jean Denat, a d'ailleurs été battu dans son canton par un candidat Front national.  

Le résultat. Le Gard reste à gauche, grâce au retrait du candidat UMP Laurent Burgoa de la course à la présidence. Sous les applaudissements, selon LCP, l'élu de droite a justifié son choix par l'intérêt du Gard et de "sa bonne gestion". Le socialiste Denis Bouad a donc été élu par 22 voix au troisième tour contre 5 au Front national et 19 votes blancs, mais la majorité restera fragile. Par ailleurs, un élu n'appartenant pas au FN a voté pour l'extrême droite, comme le signale l'envoyé spécial de francetv info :

Tarn-et-Garonne : la fin du long règne des Baylet

Le suspense. Dimanche soir, la gauche avait remporté 14 des 30 sièges, à égalité avec la droite, et le sort de la majorité départementale était entre les mains d'un binôme indépendant divers gauche constitué par Christian Astruc et Marie-José Mauriège.

Le résultat. Soutenu par la droite, le candidat indépendant Christian Astruc a remporté le conseil départemental du Tarn-et-Garonne par 18 voix au premier tour face à la candidate du PRG (Parti radical de gauche), Marie-Claude Nègre. Lui-même ancien radical de gauche et ex-proche de Jean-Michel Baylet, cet agriculteur à la retraite s'est présenté dans le cadre d'un binôme "sans étiquette". Il met fin à quarante-cinq ans de règne de la famille Baylet (d'abord Evelyne, patronne de La Dépêche du Midi, puis son fils Jean-Michel) sur le département.

La matinée avait commencé par un coup de théâtre : Jean-Michel Baylet, qui présidait le Tarn-et-Garonne depuis 1985, avait renoncé à se présenter à la présidence, comprenant qu'il ne l'emporterait pas. Ce qui a attiré ce commentaire acerbe d'une journaliste de Libération :

Lozère : le basculement à gauche confirmé

Le suspense. A l'issue du second tour, la droite avait remporté six cantons, tout comme la gauche. Tout reposait donc sur la décision du binôme Henri Boyer et Sophie Malige, classé divers gauche par le ministère de l'Intérieur, mais se présentant sans étiquette.

Le résultat. Le suspense a été de courte durée. La socialiste Sophie Pantel a été élue présidente du conseil départemental de la Lozère dès le premier tour par 13 voix contre 9 voix pour l'UMP Alain Astruc. Le décompte a également montré un bulletin blanc et un nul. La gauche s'est donc réunie pour porter Sophie Pantel à la présidence du conseil départemental, mettant ainsi fin à quarante-cinq ans d'hégémonie de la droite dans ce département. La Lozère a été le seul département à basculer à gauche lors des départementales de mars 2015.

Pas-de-Calais : le PS fait le plein de voix à gauche

Le suspense. Le PS avait remporté 18 des 39 cantons du département à l'issue du second tour dans le Pas-de-Calais. Il n'obtenait ainsi qu'une majorité relative et devait compter sur le soutien des deux binômes élus du Front de gauche.

Le résultat. Michel Dagbert, le candidat socialiste à la présidence du conseil, a été réélu à la tête du département. Il a fait le plein des voix de gauche avec 40 suffrages, face à l'UMP Michel Petit (26 voix) et au candidat FN (12 voix).

Aisne : l'UDI obtient la présidence

Le suspense. La droite (UMP/UDI) a obtenu 18 sièges à l'issue du second tour, contre 16 pour la gauche et 8 pour le Front national. Le FN avait donc la possibilité de jouer les arbitres dans ce département.

Le résultat. Grâce à un accord entre l'UDI et l'UMP, l'UDI Nicolas Fricoteaux a été élu président du conseil départemental de l'Aisne à la majorité relative lors du troisième tour. La droite gagne donc ce département dirigé par la gauche depuis 1998. Les huit candidats FN n'ont donc pas perturbé le scrutin, d'autant que le socialiste Georges Fourré (PS) avait de toute façon annoncé son intention de refuser les éventuelles voix du Front national.

Essonne : Georges Tron se retire

Le suspense. Désavoué, lundi matin, lors d'un vote interne par l'UMP, Georges Tron, l'insubmersible maire UMP de Draveil, comptait briguer jeudi la présidence de l'Essonne, quitte à troubler la conquête symbolique du département, fief de Manuel Valls, par la droite et ses 30 élus (sur 42 sièges). Empêtré dans une affaire de viols, il a affirmé vouloir se présenter contre le candidat "officiel" de l'UMP, François Durovray. Il jugeait les orientations politiques de ce proche de Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, "incompatibles avec [ses] propres convictions". 

Le résultat. Quelques heures avant le vote, Georges Tron a mis fin au suspense en annonçant le retrait de sa candidature à la présidence de l'Essonne. François Durovray a donc été élu avec 28 voix, contre 12 pour le socialiste Jérôme Guedj. Un bulletin et un bulletin blanc ont été décomptés. Le nouveau président a tout de suite présenté son programme pour l'Essonne, comme le détaille l'envoyé spécial de francetv info :