Départementales : Sarkozy s'est-il ouvert la route pour la présidentielle de 2017 ?

Après son premier succès électoral depuis son retour à la tête de l'UMP, l'ancien président de la République cherche à asseoir sa position avant l'élection présidentielle.

Le président de l\'UMP Nicolas Sarkozy lors d\'un déplacement de campagne pour les élections départementales à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), le 24 mars 2015.
Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement de campagne pour les élections départementales à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), le 24 mars 2015. (THOMAS SAMSON / AFP)

Un succès qui en appelle d'autres ? Pour son premier scrutin depuis son retour à la tête de l’UMP, Nicolas Sarkozy se pose en chef victorieux au lendemain du second tour des élections départementales. La coalition UMP-UDI est sortie victorieuse dans 66 départements sur 98. Et certaines prises sont emblématiques comme la Corrèze, l’Essonne et le Nord, par exemple, fiefs respectifs de François Hollande, Manuel Valls et Martine Aubry.

Si l’ancien président de la République va devoir bientôt remettre ses troupes en ordre de bataille pour les élections régionales de décembre, Nicolas Sarkozy a désormais le vent en poupe dans la perspective de la primaire 2016. Après un retour mitigé sur la scène politique, ce succès le place-t-il désormais en pole position pour recevoir l’investiture de l’UMP avant l'élection présidentielle de 2017 ?

Oui, même si l’UMP avait déjà réalisé une performance historique lors des municipales de 2014

Selon les résultats communiqués par le ministère de l’Intérieur, le rassemblement des forces de droite organisé par Nicolas Sarkozy a remporté 27,71% des suffrages exprimés. Une victoire qui s’accompagne d’un certain soulagement après le revers subi par l’UMP lors des élections européennes de 2014. Avec 20,8% des votes, le parti de droite était arrivé quatre points derrière le Front national (24,86%).

Mais l’UMP n’a pas attendu le retour de Nicolas Sarkozy pour amorcer cette reconquête territoriale. Sous la présidence de Jean-François Copé, la droite a ravi 175 communes lors des dernières municipales. Une redistribution inégalée jusqu’à présent sous la Ve République. Cerné par les affaires, le maire de Meaux (Seine-et-Marne) avait déjà essayé de s’attribuer les mérites de cette victoire avant de quitter la présidence du parti quelques mois plus tard, en juin 2014.

Comme lors des municipales, l’UMP de Nicolas Sarkozy a bénéficié aussi des divisions de la gauche et de l’usure du Parti socialiste après trois années passées au pouvoir. Ce phénomène de vote sanction contre la majorité a déjà connu des épisodes plus cinglants, par exemple lors des élections législatives de 1993, lorsque le PS avait déjà perdu les trois-quarts de ses sièges au profit du centre droit (RPR et UDF).

Oui, mais l’alliance entre l’UMP et l’UDI paraît fragile

La coalition UMP-UDI s’est révélée être un choix payant pour les élections départementales. Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'interdiction du voile à l’université et la suppression des repas de substitution, avant le premier tour des départementales, font déjà douter de la pérennité de cette alliance. Les divergences entre les deux partis sont apparues encore plus nettement lorsque Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, s’est inscrit en faux sur la stratégie du "ni-ni" prônée par Nicolas Sarkozy face au Front national. En cas de duel entre le PS et le FN au second tour, le chef de file des centristes a appelé ses électeurs à faire "le moins pire des choix".

Quelques semaines avant le scrutin, Nicolas Sarkozy a chargé Gérald Darmanin et Henri Guaino de constituer un groupe de travail sur "la place de l’islam en France". Les conclusions de ce travail devraient logiquement déboucher sur un débat sur la laïcité au sein de l’UMP. Un nouvel épisode de droitisation du parti qui pourrait mettre à mal le rapprochement avec le centre.

Oui, mais il doit reconquérir la confiance des Français

Le président de l’UMP va logiquement bénéficier du succès électoral de son parti aux départementales. Mais Nicolas Sarkozy aura encore beaucoup à faire pour séduire les Français avant 2017. Selon un sondage Ifop, 43% des sympathisants de l’UMP pensent que l’ancien président de la République devrait être le candidat du parti en 2017, contre 28% pour Alain Juppé.

Mais la primaire de l’UMP est encore loin, le maire de Bordeaux (Gironde) était encore le favori des sondages en décembre dernier. Sur l’ensemble des Français, Alain Juppé conserve une certaine longueur d’avance : 34% des sondés estiment qu'il est capable de remporter l’élection présidentielle, contre 27% pour le patron de l'UMP. En attendant l’officialisation de la candidature de Nicolas Sarkozy, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac demeure donc le favori devant Xavier Bertrand et François Fillon.