Départementales : dans le Tarn-et-Garonne, le sort de Jean-Michel Baylet est entre les mains d'un binôme sans étiquette

Droite et gauche sont à égalité en nombre de sièges dans ce département présidé par le patron du Parti radical de gauche depuis trente ans.

Le patron du Parti radical de gauche et président du Tarn-et-Garonne Jean-Michel Baylet, le 22 mars 2015, lors du premier tour des élections départementales, à Valence-d\'Agen (Tarn-et-Garonne).
Le patron du Parti radical de gauche et président du Tarn-et-Garonne Jean-Michel Baylet, le 22 mars 2015, lors du premier tour des élections départementales, à Valence-d'Agen (Tarn-et-Garonne). (PASCAL PAVANI / AFP)

Ils tiennent le sort de la majorité du Tarn-et-Garonne entre leurs mains. Christian Astruc et Marie-José Mauriège ont été élus conseillers départementaux, dimanche 29 mars. Lui est agriculteur et propriétaire exploitant à la retraite, maire de Dunes depuis 2001 et conseiller général sortant. Elle est directrice d'école retraitée de Saint-Nicolas-de-la-Grave, à 25 km de Dunes.

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Depuis le grand redécoupage, leur canton, Garonne-Lomagne-Brulhois, est relégué dans l'extrême ouest du département. Il n'est composé que de villages, et quelque 9 800 personnes sont inscrites sur les listes électorales. Mais à l'issue du second tour des élections départementales, le résultat de ce petit canton a pris une grande importance : il confère au duo gagnant un rôle d'arbitre dans l'élection du président du conseil départemental.

Un département présidé par la famille Baylet depuis quarante-cinq ans

Cette élection se tiendra, jeudi 2 avril, comme dans chaque département, au cours de la première réunion du conseil départemental nouvellement élu. Pour le Tarn-et-Garonne, elle aura valeur de "troisième tour" de scrutin, voire de revirement historique. Depuis 1970, le département est, en effet, présidé par la famille Baylet, et donc le Parti radical de gauche (PRG), lorsque Evelyne Baylet est arrivée à la tête du Tarn-et-Garonne. En 1985, c'est son fils, Jean-Michel, qui prend le relais. Depuis, le patron du PRG s'accroche à son siège : il est à nouveau candidat à la tête du département.

Mais cette suprématie agace, y compris dans son propre camp. A tel point que la campagne électorale pour les départementales des 22 et 29 mars s'est transformée en "tout sauf Baylet". Christian Astruc lui-même était un proche de Jean-Michel Baylet, avant de devenir un opposant, tout comme le conseiller départemental Jean-Philippe Bésiers. Ancien du PRG, réélu dans le canton voisin dimanche sous l'étiquette Divers gauche, et maire sans étiquette de Castelsarrasin depuis 2014, il pourrait représenter un sérieux concurrent pour Jean-Michel Baylet. "Osera-t-il défier le président sortant en se présentant contre lui ?", s'interroge Le Point lundi.

Un appel lancé pour un groupe sans étiquette

La gauche et la droite ont remporté chacune 14 des 30 sièges du département dimanche. Dans le détail, l'Union de la droite obtient huit sièges et les candidats Divers droite six. A gauche, six sièges reviennent au PRG, deux au PS, quatre à des candidats qui se sont présentés sous l'étiquette Union de la gauche. Enfin, quatre sièges reviennent à des candidats Divers gauche. Parmi eux, le binôme formé par Christian Astruc et Marie-José Mauriège. Il est classé Divers gauche par le ministère de l'Intérieur, mais se revendique sans étiquette.

( FRANCETV INFO )

Comme le rappelle Marie-José Mauriège, contactée par francetv info lundi matin, le duo tient à créer un groupe "sans étiquette" au conseil départemental de Tarn-et-Garonne, afin de présenter un candidat à la présidence. Ils l'ont promis lors de leur campagne. "On lance un appel à tous ceux qui veulent nous rejoindre. Mais on ne fera pas de démarche pour aller vers les autres", explique Marie-José Mauriège.

Le binôme a une position confortable, et en profite pour se faire désirer, du moins pour le moment. "Pour l'instant, on a reçu des messages de félicitations, c'est tout", souligne-t-elle, lundi matin, en précisant "répondre avec franchise". Le duo doit se concerter, mais semble prendre son temps.

"Le chéquier va sortir en Tarn-et-Garonne"

Pourtant, le bal des courtisans va très vite commencer. "Le chéquier va sortir en Tarn-et-Garonne, Brigitte Barèges [chef de file UMP dans le département] et Jean-Michel Baylet vont beaucoup promettre d'ici à jeudi", a déclaré, dès dimanche soir, Gérard Onesta (EELV), sur le plateau de France 3 Midi-Pyrénées.

De son côté, Jean-Michel Baylet, silencieux jusqu'en fin de soirée, a finalement donné un court point presse. Interrogé par France 3, il s'est dit "serein".

"Jean-Michel Baylet n'a pas de majorité", a rétorqué Brigitte Barèges à France 3. La maire UMP de Montauban, préfecture du Tarn-et-Garonne, a assuré qu'elle ne se présenterait pas à la présidence du département. Pour elle, "il n'y aura pas de candidat de l'UMP". Pour ces départementales, l'union de la droite s'est construite avec des alliances qui vont du MoDem à l'UMP, en passant par l'UDI et Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT).

"D'autres tendances, d'autres personnalités (...) en ont assez de ce système [Baylet]. La présidence échoira à celui que nous considérerons comme le mieux ou la mieux à même de porter ce changement", a-t-elle déclaré sur France 3 Midi-Pyrénées. Sans révéler aucun nom.