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Crucifix, histoires de familles et forfait de ski… Les dix petites histoires des départementales

Etonnantes ou cocasses, francetv info a repéré les anecdotes qui ont pimenté cette campagne.

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France Télévisions
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Des passants devant les panneaux électoraux à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 17 mars 2015. (DAMIEN MEYER / AFP)

La campagne électorale n'a peut-être pas déchaîné les passions, mais avec 18 194 candidats et 2 054 cantons, elle a apporté son lot d'anecdotes. Etonnantes ou simplement cocasses... de Bayeux (Calvados) au Vercors en passant par Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), francetv info a repéré pour vous les dix petites histoires qui ont pimenté cette campagne.

1 Papa est au FN, la fille chez les écologistes

Ils ont en commun la passion de la politique, mais ne partagent pas les mêmes idées. Laure Chapron ne voulait plus être "perçue comme la fille du facho", raconte-t-elle au Point. Cette femme de 35 ans a rejoint le parti Nouvelle Donne et se présente avec le soutien d'EELV et du PCF à Bayeux (Calvados). Quand son père, Philippe, défendra les couleurs du Front national à Trèvières.

Malgré ce grand écart politique, pas de fâcheries dans la famille : le papa a donné sa bénédiction à sa fille, explique France 3 Basse-Normandie. "Je l'ai seulement mise en garde sur les exigences de la vie politique, assure-t-il. Les soirées interminables, les week-ends où l'on n'est pas à la maison. Et les résultats électoraux aléatoires."

2 Vers un duel fratricide au second tour ?

En Haute-Saône, ce sera Burkhalter contre Burkhalter. Le conseiller général PS sortant, Fernand Burkhalter, est candidat à sa propre succession dans le canton de Héricourt-2, raconte le blog politique de France 3 Franche-Comté. Face à lui, il retrouvera un adversaire qu'il connaît bien : son frère Robert, qui mènera la bataille sous les couleurs de l'UMP.

Pour aboutir à un duel fratricide au second tour, Fernand et Robert Burkhalter, accompagnés par leurs binômes, devront d'abord venir à bout des représentants du Front de gauche et du Front national, également candidats dans le canton.

3 Candidate du FN à cause de son nom

Habitante du Puy-en-Velay (Haute-Loire), Bernadette Romeyer a essuyé de nombreuses réflexions après l'annonce de sa candidature sous les couleurs du FN dans le canton du Puy-2, explique l'hebdomadaire Renouveau. Problème, elle n'est pas candidate aux élections, et n'appartient pas au FN. Ce qui n'est pas le cas de son homonyme frontiste. Une coïncidence dont cette professeure retraitée se serait bien passée.

4 Ni les bons tracts, ni les bonnes affiches

Les cartes sont redistribuées à l'occasion de cette élection, avec un nouveau redécoupage des cantons. Mais certains candidats ont parfois du mal avec cette géographie inédite, raconte Ouest France. Dans les Côtes-d'Armor, Nadège Oudin et Loïc Cuguen sont officiellement candidats FN dans le canton Saint-Brieuc-2, à l'est de leur ville. Sauf que sur leurs tracts, les frontistes se voyaient dans le canton voisin de Saint-Brieuc-1. Une "faute de frappe à l'imprimerie", plaident-ils.

Les erreurs s'accumulent pour le parti frontiste dans ce département puisque dans leur canton officiel, Saint-Brieuc-2 donc, étaient placardées les affiches des représentants FN de Saint-Brieuc-1, Vanessa Montreer et Philippe Ollivier, poursuit Ouest France. Cette fois-ci, c'est probablement la faute aux "colleurs d'affiches", tente la candidate Nadège Oudin.

5 La profession de foi au format "Voici"

La profession de foi d'Anne Mansouret et Jean Berkani, candidats aux élections départementales des 22 et 29 mars 2015 dans l'Eure. (ANNE MANSOURET, JEAN BERKANI / FRANCETV INFO)

Elle a voulu rendre hommage à une citation de Laurent Fabius : "Je préfère dire 'voici mon projet', plutôt que 'mon projet, c'est Voici'." Conseillère générale sortante du canton d'Evreux-Ouest (Eure), Anne Mansouret s'est largement inspirée de la maquette du magazine people pour sa profession de foi, remarque Normandie Actu. Dans le document figure également un dessin réalisé par la fille de l'ancienne membre du Parti socialiste, Tristane Banon.

Leurs noms vous rappellent peut-être quelque chose. Mère et fille avaient été au cœur des attentions de la presse lors de l'affaire DSK. Anne Mansouret avait évoqué sa relation passée avec l'ancien président du FMI, accusé d'agression sexuelle par sa fille Tristane. Rien à voir avec le choix de la conseillère générale pour sa profession de foi. "Je pouvais acheter la maquette du document de campagne faite pour les candidats de la majorité départementale, explique-t-elle. Mais ça coûtait cher et je trouvais ça d'un mortel ennui."

6 Le candidat qui garde la pêche

Il n'est pas très motivé par la pêche aux voix. Suppléant FN dans le canton de la Gâtine (Deux-Sèvres), Georges Ballu pensait de son côté qu'il se présentait à Bressuire. C'est La Nouvelle République qui lui a appris sa réelle affectation, en partant à la recherche des candidats frontistes dans le département, une mission "pas simple", selon le quotidien.

"La campagne électorale ? Non je ne la fais pas, répond Georges Ballu au journal. Je préfère la pêche. J'ai pris quatre carpes hier après-midi. Vous êtes sûr que je ne suis pas suppléant sur Bressuire ?" Vraiment sûrs, oui.

7 L'élu fait une croix sur le crucifix

Au moment de quitter le conseil général du Haut-Rhin, Pierre Freyburger s'est offert un dernier coup d'éclat. Pris d'un "coup de sang", le socialiste a décroché un crucifix accroché dans l'hémicycle départemental. "Je l'ai mis dans un sac et je suis reparti", explique-t-il. L'élu justifie son geste par la volonté de rouvrir le débat sur la laïcité au sein des instances républicaines et le Concordat de 1801, qui régit en Alsace-Moselle les rapports des cultes et de l'Etat.

L'objet a été confié à un prêtre, mais l'initiative n'a pas plu à la majorité UMP, qui a dénoncé "un acte indigne d'un élu de la République". Une enquête est d'ailleurs en cours pour vol, précise L'Alsace. Si Pierre Freyburger devra peut-être répondre de son acte devant la justice, il ne subira pas les foudres de ses collègues : le socialiste ne brigue pas un nouveau mandat, se contentant d'une place de suppléant lors de ce scrutin.

8 La bataille des "followers"

Au-delà des tractages, marchés et autres réunions publiques, de nombreux candidats se sont tournés vers les réseaux sociaux pour faire campagne. Mais à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le candidat PRG, Guy Lafite, a eu la mauvaise surprise de découvrir qu'il avait perdu tous ses abonnés sur Twitter, au profit d'un adversaire, rapporte Sud Ouest.

Cet opposant, c'est François Amigorena, candidat sans étiquette dans le canton, et aussi ancien directeur de campagne de Guy Lafite lors des dernières municipales. D'après Sud Ouest, il a tout simplement renommé le compte Twitter de ce dernier, dont il disposait des identifiants, au nom de sa liste, "Agir pour Biarritz", récupérant au passage 329 "followers". Un acte peut-être pas "illégal", concède Guy Lafite, mais "amoral".

9 Un forfait de ski pour motiver les abstentionnistes 

Un bon moyen pour lutter contre l'abstention ? France 3 Alpes explique que plusieurs stations de la région offrent un forfait de ski à prix cassé les 22 et 29 mars pour les électeurs consciencieux. Le sésame pour en profiter : une carte électorale tamponnée.

10 Le ministère de l'Intérieur parodie "The Voice"

Faute de pouvoir faire des remises sur les forfaits de ski, le ministère de l'Intérieur essaye de mobiliser les abstentionnistes grâce à une campagne étonnante. Sur Twitter, la place Beauvau a réutilisé pour les départementales le logo et le slogan de "The Voice", le populaire télé-crochet de TF1. "Oui je vote", est-il écrit sur ce détournement, accompagné d'un slogan : "La plus belle voix, c'est forcément la vôtre !" Pour autant, le vote par SMS n'est toujours pas autorisé, il faudra encore se déplacer dans l'isoloir.

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