Clips, débats, période de réserve... A quoi faut-il s'attendre pour la campagne officielle des européennes ?

C'est parti pour le sprint final avec la multiplication des soirées télévisées consacrées au scrutin et des temps de parole soigneusement minutés.

Lors d\'un meeting de Nathalie Loiseau (LREM) à Strasbourg, le 11 mai 2019. 
Lors d'un meeting de Nathalie Loiseau (LREM) à Strasbourg, le 11 mai 2019.  (FREDERICK FLORIN / AFP)

Affichage, spots télévisés, débats... C'est parti pour le sprint final de la campagne des européennes, qui débute officiellement lundi 13 mai, à deux semaines d'un scrutin à l'issue toujours aussi incertaine, avec La République en marche et le Rassemblement national au coude-à-coude dans les sondages. A quoi faut-il s'attendre, alors que 34 listes – un record – sont en lice pour ces élections ?

Des spots de campagne à la télé et à la radio

Dès mardi, deux types de spots seront diffusés sur les chaînes et les ondes – RFI et France Inter – de l'audiovisuel public : des petits formats (autour de 1'30''), principalement après les journaux télévisés et dans la soirée, et d'autres de trois minutes environ, plutôt dans la matinée et l'après-midi.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a précisé la durée et l'ordre de passage des spots officiels. Le calcul, qui découle d'un mélange des critères d'équité et de représentativité, accorde 55 minutes 53 secondes pour la liste LREM-MoDem, 48'11'' pour celle du Rassemblement national, 38'20'' pour Les Républicains, 19'43'' pour la liste PS-Place publique, 18'37'' pour La France insoumise et 14'14'' pour Europe Ecologie-Les Verts. Une vingtaine de listes ne disposeront quant à elles que d'une durée minimale de 3 minutes et 33 secondes. 

Ces temps ont été fixés en fonction, notamment, des performances des formations aux dernières élections et des estimations des différents sondages. Autre critère : le nombre de députés et sénateurs et d'élus français au Parlement européen qui se sont exprimés en faveur de telle ou telle liste.

Un nombre record de panneaux d'affichage 

Dès lundi, 34 panneaux – pour les 34 listes – ont été installés par les mairies devant les écoles et autres lieux accueillant des bureaux de vote. Les maires sont dans l'obligation de présenter toutes les listes à leurs administrés. Or, pour de nombreuses communes, ce scrutin pose un défi logistique sans précédent, car peu d'entre elles disposent d'un nombre suffisant de panneaux.

Les mairies ont la possibilité de diviser leurs pancartes en parties égales pour accueillir plusieurs affiches de petit format, mais là encore cela ne suffit pas toujours. A Chamboret (Haute-Vienne), village de 800 habitants, le maire Jean-Jacques Dupraz ne dispose que de 12 panneaux électoraux. Il envisage donc de bricoler d'autres panneaux, avec "des restes de planches de bois" ou "des vieilles tables qui servaient pour les fêtes", a-t-il expliqué à France Bleu Limousin.

Le Monde rappelle toutefois que les listes en lice pour ces européennes sont responsables du collage et de l'impression de leurs affiches de campagne. "Il est probable que de nombreux panneaux resteront vides lors de la campagne, faute de ressources financières nécessaires. D’autant plus que seules les listes qui auront recueilli plus de 3% des suffrages exprimés verront ces frais remboursés", écrit le quotidien du soir.

Plusieurs soirées de débats

La campagne des élections européennes va également se jouer à la télévision. Des débats ont déjà eu lieu avant le lancement de la campagne officielle, notamment sur France 2, mais la cadence va s'accélérer à mesure que le scrutin se rapproche. La semaine juste avant la date du vote, trois soirées sont d'ores et déjà programmées, comme le relève le journal L'Opinion le 20 mai sur LCI, le 22 sur France 2 et le 23 sur BFMTV.

Des professions de foi envoyées par courrier

A l'approche du vote, l'heure est aussi à l'impression et à l'envoi des professions de foi. Mais cet exercice, contrairement aux spots de campagne, est à la charge des listes – qui ne seront remboursés que si elles obtiennent 3% des suffrages. Il n'est donc pas certain que vous receviez 34 professions de foi dans vos boîtes aux lettres, même si "les envois sont réalisés par la commission de propagande", précise le site Vie-Publique.fr.

Idem pour les bulletins de vote. Sur son site, le Parti pirate estime par exemple que l'impression "coûterait au minimum 270 000 euros". Le mouvement propose ainsi à ses partisans de participer à une cagnotte pour l'aider financièrement ou d'imprimer eux-mêmes leur bulletin de vote. Citant le Code électoral, Le Point souligne qu'ils "doivent être d'un grammage de 70 g au mètre carré". Or le papier vendu généralement dans le commerce est légèrement plus épais, avec un grammage de 80 g au mètre carré.

Une période de réserve pour les ministres et les médias

Les membres du gouvernement sont de leur côté entrés dans une période de réserve depuis le 6 mai. Faisant référence à "l'usage" qui veut que les ministres ne se déplacent pas dans le cadre de leurs fonctions à l'approche d'élections, le chef du gouvernement leur a demandé de s'y "conformer". "Si de tels déplacements vous paraissaient néanmoins indispensables, mon accord préalable sera requis", a précisé Edouard Philippe dans une circulaire envoyée dès le 19 février. En revanche, ces règles ne font "aucunement obstacle" à ce que les membres du gouvernement participent à la campagne "en dehors de l'exercice de [leurs] fonctions ministérielles".

Les médias devront également s'astreindre à une période de réserve à partir de la veille du scrutin, soit le samedi 25 mai à minuit en métropole et dans une partie de l'outre-mer, et le vendredi à la même heure là où le scrutin a lieu dès le samedi (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et Polynésie française). A partir de ce moment et juqu'à l'annonce des résultats officiels, il est interdit de diffuser tout message ayant le caractère de propagande électorale.