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Education : la question de l'orientation

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France Télévisions

Le dossier de cette édition : la question de l'orientation. Faut-il laisser le dernier mot aux élèves et à leur famille contre l'avis des enseignants ? Depuis 4 ans, un proviseur fait figure de précurseur en la matière. Il soutient les élèves en fonction de leur motivation plus que de leurs résultats. "Orientation, c'est moi qui décide".

En cette fin d'année, Gilles Hogrel est un proviseur déborde. Sur son bureau, 40 dossiers d'élèves de seconde. Leur orientation a été décidée contre leur gré la semaine dernière en conseil de classe, mais le proviseur va leur donner une deuxième chance. Il est convaincu qu'un adolescent peut réussir dans la filière qu'il désire, même s'il a de mauvaises notes. Theo Clerbout rêve de devenir gendarme, et veut aller en 1 re ES, mais ses résultats ne sont pas a la hauteur.

Ce qui est gênant par rapport à votre demande, ce sont notamment vos notes en français, en anglais et maths.

Le proviseur est persuadé que Théo a la capacité de réussir, mais il va d'abord sévèrement lui remonter les bretelles.

Vous manquez de motivation ? Elle ne tombe pas du ciel jeune homme. Soit vous êtes vraiment capable de le faire, et vous le faites, et c'est pas un oui superficiel, soit vous ne le faites pas. Vous comprenez.

Le proviseur cherche aussi à impliquer les parents, qui se sentent souvent désarmés au moment de l'orientation.

En tant que parents, on aimerait qu'il fasse ce qu'il aime. C'est entre ses mains.

Ces entretiens de la 2e chance, le proviseur va les enchaîner. Cet élève veut aller lui-aussi en 1ère ES.

Que souhaitez-vous faire plus tard.

Je veux devenir éducateur spécialisé.

Mais il a 5 en mathématiques. Le proviseur va pourtant lui accorder son choix, comme pour les 3/4 des entretiens. Il va donc modifier la décision du conseil de classe.

Je verrai très vite l'an prochain si vous tenez vos engagements.

Ce proviseur s'est forgé sa conviction par hasard. Il y a dix ans, dans un autre lycée, il s'est rendu compte que la majorité des élèves, aux résultats médiocres, réussissaient dans la filière qu'ils avaient eux-mêmes choisie.

Je me suis dit que les décisions d'orientation n'étaient pas une science exacte et qu'il fallait voir le problème sous un angle différent. Un élève pour lequel on peut avoir un doute, le doute doit bénéficier à l'élève.

Le doute, Lucie Quillot en a bénéficié l'an dernier. Malgré 7 de moyenne générale, elle a été autorisée a passer en 1ère littéraire : sa passion est la littérature anglaise. Résultat cette année, une élève épanouie avec 13 de moyenne.

L'année dernière, j'avais peur, j'étais tout le temps stressée. Ça fait du bien de se dire que je vais passer en terminale, avec les félicitations.

Elle a gagné en maturité.

Depuis 4 ans dans ce lycée de Dunkerque, les 160 élèves réorientés par le proviseur, ont quasiment tous décroché leur bac.

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