Education : arrêter les notes ?

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Présenté parLaurent Delahousse

Diffusé le 14/09/2014Durée : 00h30

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Depuis 6 ans, Anne-Charlotte ne met plus de notes à ses élèves. Nous sommes dans un quartier sensible de Paris et ça marche tellement bien que, dans cette école, tous les enseignants font la même chose. Aujourd'hui, contrôle de maths sans notes. Pourtant, ces élèves seront exactement où ils en sont grâce à ces cases qu'ils doivent colorier.

Quand on a très bien, on colorie tous les carrés. Quand on a presque réussi, on colorie 4 carrés. 3 carrés c'est qu'on commence à savoir.

Et ainsi de suite en fonction des réussites de l'élève. Car il n'y a pas que le résultat qui compte, ils ont aussi des objectifs: choisir la bonne opération, effectuer un calcul correct, écrire une phrase de réponse. Des critères très clairs et plus précis qu'une note globale aux yeux.

Il y a deux petites erreurs. Tu as oublié le point, donc la phrase n'est pas correct. Tu peux colorier les cases. Je trouve que c'est assez bien car j'ai eu quasiment tout bon.

Tu aimes ce système.

Oui car l'année dernière j'avais des notes mais on ne savait pas trop où on se situait.

Et ce travail sans notes aurait même donné plus de sens à ce qu'ils apprennent en classe.

On entendait toujours "J'ai eu 15." Aujourd'hui, on entend "J'ai bien réussi mes opération!" On a des réactions sur les compétences, pas sur la note.

Ne plus subir la pression de la note, même au collège. Un soulagement pour Thomas, 11 ans. D'un naturel stressé, le garçon a retrouvé ici le goût d'apprendre. Il expérimente depuis deux ans l'école sans notes dans le Finistère. Ici, pour les contrôles, ce sont les enfants qui évaluent leur niveau.

Vous allez me dire avec le formulaire si vous vous sentez prêts dans cette activité.

Les classes sont connectées et les réponses s'affichent au tableau. Les plus a l'aise proposent même d'aider leurs camarades. Des informations qui permettent au professeur de cibler ceux qui auront le plus besoin de lui. Pour ce contrôle, Thomas et son groupe sont plutôt mal partis. Mais en quelques minutes, les garçons se sont rattrapés.

En un rien de temps ils ont corrigé leurs erreurs. Ce qui est chouette dans ce système s'est qu'ils peuvent se tromper, on peut se rattraper, ce qui est contraire a une note finale où on ne peut pas revenir dessus. Ça change car au niveau de l'estime de soi, du sentiment d'être compétent, on peut toujours avoir l'espoir de s'améliorer.

A la place des notes, il utilise cette grille, de "largement atteint" à "non atteint". Pour Thomas, ça fait beaucoup moins peur.

Quand on a "acquis" ou "largement acquis", on évite de se faire gronder.

Tu avais peur de te faire gronder.

Oui un peu.

Et maintenant.

Ensuite, voilà comment se remplissent les bulletins. bien", vert, "ça va", marron, "non acquis". Pour les parents, il y eut un petit temps d'adaptation.

Quand on nous a présenté la méthode on a eu du mal à se dire qu'on n'allait pas avoir de note. Où peut-on situer le travail de notre enfant sur le trimestre? C'est déroutant. Par contre ça nous permet aujourd'hui de voir que notre enfant est épanoui. On arrive à bien juger les progressions qui ont été faites tout au long de l'année.

En termes de résultats, ces élèves sans notes auraient même mieux retenu le programme que les autres. Dans le Finistère, trois autres collèges viennent à leur tour de se lancer dans l'expérience.

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