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Y aura-t-il 10% de chômeurs à Noël ?

L'Insee prévoit la dégradation "rapide" du marché du travail dans sa note de conjoncture publiée vendredi
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L'Insee prévoit la dégradation "rapide" du marché du travail dans sa note de conjoncture publiée vendrediL'Insee prévoit la dégradation "rapide" du marché du travail dans sa note de conjoncture publiée vendredi

Le taux de chômage devrait grimper à 10,1% à Noël (10,5% avec les départements d'outre-mer).

Pour la première fois, l'Insee a utilisé un point d'interrogation pour titrer sa note ("Vers une sortie de récession?"), signe d'une incertitude historique.

Celle-ci est liée, notamment au rythme plus ou moins rapide avec lequel les entreprises vont continuer à ajuster leurs effectifs au repli de l'activité. "Si l'emploi s'ajuste plus vite que ce que l'on a anticipé, la récession pourrait être plus longue que prévue", a exposé Eric Dubois, chef du département conjoncture.

L'emploi reviendrait au niveau d'avant les 35h


En l'état actuel, l'Insee prévoit que "d'ici fin 2009, le taux de chômage continuerait d'augmenter fortement du fait des nombreuses réductions d'emplois" et reviendrait en quelques mois au niveau d'avant les 35 heures.

De 8,7% au 1er trimestre (9,1% avec les DOM) il atteindrait au 4ème trimestre "son plus haut niveau depuis la mi-1999" à 10,1% en métropole (10,5% avec les DOM).

Outre la crise, c'est dû également à une hausse "sensible mais ponctuelle" et "inattendue" début 2009 de la population active, selon l'Insee.

700.000 postes disparaissent dans le secteur marchand


Près de 700.000 postes salariés devraient disparaître en 2009 dans le secteur marchand, le plus sensible à la conjoncture (-141.000 en 2008), dont 243.000 dans l'industrie, 51.000 le bâtiment et travaux publics et 404.000 dans le commerce et services (qui comprend l'interim).

"Les pertes d'emploi toucheraient même des services hors intérim, pourtant épargnés lors des précédentes récessions" de 1993 et 1974, a souligné Benoît Heitz, un statisticien interrogé par l'AFP.
"On a, dans l'absolu, une baisse très forte de l'emploi, mais quand on met ça en regard avec la baisse de l'activité, cet ajustement est encore limité et partiel", a-t-il ajouté.

De fait, la courbe de productivité est en berne depuis le 2ème semestre 2008, source d'un dilemme entre l'individuel et le collectif selon M. Heitz. Car, "si prises collectivement, les entreprises ajustent plus rapidement (leurs effectifs) cela risque de prolonger la récession, ce qui n'est bon pour personne". "Mais l'intérêt de chaque entreprise, individuellement, est quand même de restaurer sa productivité pour pouvoir restaurer ses marges et sa rentabilité", a-t-il dit.

Reste le secteur non marchand (éducation, santé, social), l'agriculture et les non-salariés où a contrario 107.000 emplois devraient être créés en 2009 (+48.000 en 2008).

La baisse de l'emploi et le ralentissement des salaires brut devraient peser sur les revenus des ménages.

"Vers une sortie de récession ?"
Dans sa note de conjoncture trimestrielle l'Institut national de la statistique (Insee) table, comme Bercy, sur une récession de 3% cette année et prévoit une sortie de crise très graduelle, tout en notant que la France traverse mieux cette période difficile que ses partenaires.

Surtout, l'Insee s'attend à ce que la consommation des ménages continue de résister avec une progression de 0,7% sur l'ensemble de l'année. Ceci grâce à une hausse de 1,1% du pouvoir d'achat des ménages, elle-même due à la désinflation et aux mesures prises par le pouvoir en faveur des ménages modestes.

"Le diagnostic de l'Insee pour 2009 conforte le scénario du gouvernement sur beaucoup de points," indique-t-on dans l'entourage de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

Avec la résistance de la consommation et le déstockage des entreprises qui s'atténue, l'Insee voit le produit intérieur brut se contracter de 0,6% au deuxième trimestre, moitié moins que sur les trois premiers mois de l'année.

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