Violences sur des pompiers: le comportement de la victime mis en cause

Selon les avocats de deux sapeurs-pompiers accusés, un SMS indique que le jeune engagé qui affirme avait été violenté et violé avait prévu d'organiser un incident.

Les pompiers de Paris en action, le 12 janvier 2011.
Les pompiers de Paris en action, le 12 janvier 2011. (LOIC VENANCE / AFP)

La crédibilité de la victime est attaquée. Les avocats de deux pompiers mis en examen dans l'enquête sur des violences et un viol sur des sapeurs-pompiers de Paris ont pointé, dimanche 13 mai, le comportement de la principale victime d'un bizutage qui a mal tourné.

"Nombre d'éléments au dossier, dont des témoignages et un message, montrent que l'intéressé a annoncé plusieurs semaines à l'avance qu'il allait susciter un incident et l'utiliser pour faire pression sur sa hiérarchie", a déclaré Me Thibault de Montbrial, avocat de l'entraîneur de l'équipe mis en examen pour non empêchement de crime ou délit.

Un SMS et une vidéo

"Le principal plaignant indique dans un SMS, en avril, qu'il planifie de porter plainte pour le bizutage à venir", a confirmé Me Philippe Goossens, avocat d'un autre pompier non gradé. Toujours selon l'avocat, deux témoins affirment que le plaignant prévoyait de faire pression sur sa hiérarchie pour éviter son éviction de l'équipe, dont l'effectif devait être réduit.

Les deux avocats précisent également que la victime a fait filmer la scène de violences avec son propre téléphone portable confié à un ami. Immédiatement après les faits, "il ne s'est pas plaint particulièrement de ce qui s'est passé au fond du [car], ni auprès de ses camarades, ni de sa hiérarchie", affirme Me de Montbrial. Me Nicolas Cellupica, avocat des victimes a, jugé ces propos "véritablement scandaleux".

Les personnes mises en examen ont avoué les violences

Les faits sont survenus dans l'autocar qui ramenait dimanche 6 mai l'équipe spéciale de gymnastes de la BSPP d'une compétition à Colmar (Haut-Rhin). Dans cette affaire qui secoue la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), son commandement a suspendu de leurs fonctions tous les militaires mis en examen. Au total, douze pompiers ont été mis en examen et l'un d'eux a été incarcéré vendredi soir.

Selon l'avocat des victimes, Me Nicolas Cellupica, elles ont avoué les violences subies par les deux victimes. "Le viol de la victime a été constaté par un examen médical. Tous les pompiers mis en cause ont par ailleurs avoué les violences subies par les deux victimes", a précisé l'avocat.