Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Business des émotions : quand les marques utilisent le big data pour analyser les sentiments des consommateurs

Internet, où foisonnent les émojis, est leur terrain de chasse privilégié. Pour aider les marques à mieux séduire, des centaines de sociétés se sont lancées dans un nouveau business : l'analyse des sentiments des consommateurs. 

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Réseaux sociaux, articles, forums, sites internet… nos émotions s'étalent partout, publiquement, sur la Toile : 37 milliards de publications par jour. Une manne pour les marques, qui se tournent désormais vers le big data pour mieux connaître les ressentis des consommateurs et les utiliser pour les séduire. Elles sont aidées par des centaines de sociétés qui se sont lancées dans cette nouvelle activité : l'analyse des sentiments. La captation et le traitement de toutes ces données stratégiques sont devenus un véritable business.

L'une de ces sociétés a développé un logiciel qui lui permet d'analyser en temps réel des contenus venant du monde entier. Si l'on choisit de s'intéresser au thème de l'automobile, nous montre Guilhem Fouetillou, cofondateur de Linkfluence, on peut accéder à l'ensemble des conversations dans le monde entier sur l'ensemble des marques. Des contenus en chinois, en anglais, dans toutes les langues…

Le logiciel permet de paramétrer une émotion, par exemple la colère, pour filtrer les contenus qui l'expriment, et lire ainsi des plaintes à propos de tel ou tel constructeur. Tel cet internaute qui écrit sur Facebook : "Voiture du peuple ? Ils sont pas au courant chez Tesla que les Européens, ils ont plus de pognon…" Le logiciel peut aussi repérer les sentiments sur les images : des utilisateurs souriants pourront être identifiés par les marques comme des influenceurs potentiels.

45% de contenus émotionnels pour "Envoyé spécial"

Dans le cadre de son reportage, la journaliste d'"Envoyé spécial" a testé le logiciel a entrant le nom du magazine dans la machine... Les émojis les plus souvent associés à l'émission s'affichent, plus ou moins gros selon leur fréquence. Autres données à la disposition de l'entreprise : localisation, sexe, âge, et même profession des internautes. 

Surprise : seulement 7% environ d'émotions positives (en vert) contre 37% de négatives (en rouge). En fait, "pour un magazine d'actualité qui cherche à faire réagir, à susciter de l'engagement, nous explique Guilhem Fouetillou, c'est plutôt une bonne chose. On voit que si on additionne les contenus positifs et négatifs, on est à plus de 45% de contenus qui sont émotionnels. C'est-à-dire que les gens sont engagés." La plupart des clients de cette société ont environ 90% de contenus neutres, précise-t-il, contre 54% pour "Envoyé spécial"...

Extrait de "Le business de nos émotions", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 23 mai 2019.