Veolia est sur le point de remporter le contrat pour la distribution d'eau en Ile-de-France, hors Paris

Suez a annoncé mardi que sa candidature avait été écartée.Le groupe dit attendre "sur quels critères s'est fait ce choix". De son côté, Veolia s'est refusé à tout commentaire. Quant au Syndicat des eaux d'Ile-de-France (SEDIF), il rappelle qu'il n'arrêtera son choix "que le 24 juin". Il a refusé de confirmer que Suez avait été écarté.

(AFP - Eric PIERMONT)

Suez a annoncé mardi que sa candidature avait été écartée.

Le groupe dit attendre "sur quels critères s'est fait ce choix". De son côté, Veolia s'est refusé à tout commentaire. Quant au Syndicat des eaux d'Ile-de-France (SEDIF), il rappelle qu'il n'arrêtera son choix "que le 24 juin". Il a refusé de confirmer que Suez avait été écarté.

L'approvisionnement en eau potable de la région capitale, qui arrive à expiration fin 2010, est le plus gros appel d'offres existant au monde, selon Les Echos. Il concerne 3,6 millions d'habitants et 144 communes. Il avait été attribué pour la dernière fois en 1962 à Veolia (ex-Générale des Eaux), qui le détient depuis 1923.

En 2008, ce contrat de délégation représentait 350 millions de chiffres d'affaires pour le groupe, soit 7 % de son CA global.

Les analystes attendent "avec impatience de connaître le nouveau prix de l'eau, dont certains disent qu'il est au coeur de la bataille", précise Les Echos. Le consommateur doit-il s'attendre à des hausses de factures ? Le nouveau contrat "proposera notamment une baisse significative du prix de l'eau pour l'usager", a déjà assuré le SEDIF au début du mois, lors de la clôture de l'appel d'offres. Il mettra également en place une "tarification sociale" au profit des familles en difficulté.

Pour beaucoup d'observateurs, ce premier résultat, qui doit être officialisé le 24 juin par le comité du Syndicat des eaux d'Ile-de-France, est tout sauf une surprise: "Le scénario du film est écrit (...): on va reconduire Veolia", prédisait ainsi dès décembre Philippe Kaltenbach, maire PS de Clamart et également membre du Syndicat.

Veolia, ex-Générale des Eaux, partait en effet avec un avantage certain: le groupe gère ce service depuis 1923, sous forme d'une délégation de service public. D'un montant de 371 millions d'euros annuels, le dernier contrat, signé en 1962, expire fin 2010.

Pascale Pérez, PDG de Derichebourg, dont la candidature avait été écartée en janvier, avait ainsi regretté des délais "trop courts" pour préparer les offres, surtout face à un groupe qui gère le service depuis 87 ans. Cité dans Le Monde, le président du SEDIF et député-maire Nouveau Centre d'Issy-les-Moulineaux, André Santini, avait également reconnu que Veolia avait parfois opposé son "secret des affaires" à la communication d'informations aux candidats.

Le SEDIF n'en a pas moins toujours assuré avoir joué le jeu de la transparence avec tous les concurrents en lice.

Outre son importance financière, l'appel d'offres du syndicat francilien, a pris l'allure d'un test pour jauger le niveau réel de concurrence au sein du marché de l'eau, parfois jugé peu concurrentiel. Dans les années à venir, plusieurs contrats de délégation de grandes communes comme Marseille, Lille ou Versailles vont arriver à échéance.

En raison de plusieurs lois votées dans les années 1990 pour réglementer plus strictement le marché, la durée du nouveau contrat francilien sera limitée à dix ans, prolongeable jusqu'à 12 ans.

Une affaire à rebondissements
Initialement, outre Veolia et Suez , deux autres entreprises entendaient concourir dans l'appel d'offres lancé par le SEDIF. En l'occurence: la SAUR (troisième "grand" de l'eau en France après Veolia et Suez) et la société Derichebourg, alliée avec l'allemand Remondis. Le premier avait finalement renoncé à déposer une offre. La seconde avait été écartée par le SEDIF "au vu de l'analyse de son offre".

Plusieurs élus de gauche, membres du SEDIF, ont demandé que l'Autorité de la concurrence se saisisse du dossier. "Nous avons quelques doutes sur la procédure, et notamment sur la question de l'allotissement" (division du contrat en plusieurs lots), a expliqué l'un d'entre eux, Christian Métairie, premier adjoint divers gauche au maire d'Arcueil (Val-de-Marne). En avril 2009, les élus du SEDIF avaient refusé de découper le marché de l'eau francilienne.

De son côté, Suez "avait réclamé une division de l'offre en plusieurs lots, afin de permettre à la concurrence de s'exprimer", précise Les Echos".

Le prix de l'eau en région parisienne est trop élevé, estiment plusieurs associations de consommateurs. Pour UFC Que Choisir, la surfacturation du service s'élève à 90 millions d'euros par an, soit environ 50 euros par habitant. De son côté, la gauche réclame que ce service soit géré par une régie publique.