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Une réunion envisagée vendredi à Londres entre les deux dirigeants n'aura pas lieu pour cause d'"emplois du temps"

L'annonce en a été faite jeudi par Downing Street sur fond de tension entre les deux capitales à propos de la régulation financière. Et ce après la nomination du Français Michel Barnier comme commissaire de l'UE au Marché intérieur et aux Services financiers.La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a nié tout différent entre les deux hommes.
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Nicolas Sarkozy et Gordon Brown le 15 septembre 2009 à l'Elysée (AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG)

L'annonce en a été faite jeudi par Downing Street sur fond de tension entre les deux capitales à propos de la régulation financière. Et ce après la nomination du Français Michel Barnier comme commissaire de l'UE au Marché intérieur et aux Services financiers.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a nié tout différent entre les deux hommes.

Selon le quotidien financier, Nicolas Sarkozy avait prévu de traverser la Manche pour essayer de rassurer Londres, notamment la City, après ses commentaires sur la nomination de Michel Barnier.

Christine Lagarde a souligné que les Français "respectaient et estimaient" la City, la place financière de Londres. Mais elle a souligné que les règles qui régissent son activité, et notamment les bonus, devaient être renforcées. Priée d'expliquer les commentaires de Nicolas Sarkozy sur le fait que les Britanniques seraient "les grands perdants" de la nomination de Michel Barnier, la ministre a estimé que ces propos reflétaient simplement le plaisir du chef de l'Etat de voir un Français nommé pour la première fois commissaire européen chargé du marché intérieur et des services financiers.

Les propos de Sarkozy et les réactions britanniques
Le 27 novembre, sitôt confirmée la nomination de Michel Barnier, Nicolas Sarkozy s'était réjoui depuis Trinidad-et-Tobago de cette décision "extrêmement importante". "Gordon Brown n'en voulait pas, ça a été une rude bataille", avait aussi confié le chef de l'Etat français à un petit groupe de journalistes.

"Franchement, après tout ce qui s'est passé avec la crise financière, c'est quand même très rassurant que ce soient les idées françaises de régulation qui triomphent en Europe", s'était-il par ailleurs félicité le 28 novembre devant les cadres de l'UMP".

Les réactions ont été très vives Outre-Manche où M. Barnier comme le porte-drapeau d'une offensive française en faveur d'une régulation stricte du secteur et contre la prééminence de la City. L'association des banquiers britanniques (BBA) a ainsi dénoncé, avec une virulence rare, les propos du président français Nicolas Sarkozy. Pour la BBA, ces propos ont "ébranlé la confiance du public dans les nouvelles institutions de l'UE et soulevé de nombreuses questions sur l'impartialité" de Michel Barnier.

De son côté, le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a mis en garde Michel Barnier contre les dangers d'une régulation trop lourde des places financières européennes, dont la City de Londres, en estimant qu'il était "dans l'intérêt de toute l'Europe qu'elle puisse prospérer".

Barnier veut calmer le jeu
"Ce que je lis dans certains journaux britanniques n'a pas de sens. Je n'ai pas besoin qu'on m'explique l'importance de la City", a affirmé le nouveau commissaire vendredi dans La Tribune. "Je partage l'avis du chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling : une City forte c'est l'intérêt de l'ensemble de l'Europe. Ma feuille de route est très claire: elle repose sur les décisions du G20 auxquelles Londres a largement contribué", ajoute-t-il.

Interrogé dans La Tribune sur les déclarations de M. Sarkozy, M. Barnier répond: "je n'ai pas envie de présenter les choses de cette manière-là". "Les idées françaises ont une valeur ajoutée. Mais il y a aussi l'expertise fondamentale du Royaume-Uni dans le domaine de l'intermédiation et dans d'autres secteurs financiers où la place de Londres est inégalée", dit-il.

Se qualifiant de "très pragmatique", le nouveau commissaire estime que "toute rivalité à l'intérieur de l'Europe nous (NDLR: l'Europe) affaiblit vis-à-vis de l'extérieur". Michel Barnier se dit "prêt à travailler avec un directeur général britannique" pour diriger ses services et assure avoir "confiance" en Jonathan Faull, qui va occuper ce poste.

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