Vidéo Quand les taxis volants font face à quelques vents contraires

Publié
Durée de la vidéo : 3 min
L'Œil du 20h
l'oeil taxis volants L'Œil du 20h (L'OEIL DU 20 HEURES / FRANCE 2)
Article rédigé par L'Oeil du 20 heures
France Télévisions
Dans le ciel de Paris, des taxis volants à mi-chemin entre l’hélicoptère et le drone… Ce n’est pas de la science fiction, c’est le projet bien réel voulu par la région Île-de-France pour les Jeux Olympiques… Et ce, malgré quelques vents contraires.

Au milieu des péniches sur la Seine… une plateforme flottante est en train d’être installée. A première vue, une simple barge fixée au quai. C’est en fait une piste d’atterrissage et de décollage de 740 m2 pour un aéronef électrique: le Volocity. 

Fabriqué par l’entreprise allemande Volocopter, l’engin est censé rallier l’héliport d’issy les moulineaux au  centre de Paris une trentaine de fois par jour… survolant ainsi une partie du périphérique et de la Seine. A bord: un pilote et un passager peuvent prendre place. La société veut faire des vols d’essai pendant les JO, avant de proposer des liaisons commerciales dans la capitale.

Mais le chantier de la plateforme est aujourd’hui critiqué car si elle fait bien l’objet d’une autorisation d’installation temporaire sur la Seine… le projet n'a pas reçu beaucoup de feux verts. Le conseil de Paris a voté contre. L’autorité environnementale a émis de nombreuses réserves notamment sur la sécurité. L’enquête publique, elle a donné un avis défavorable.

Quant aux riverains, ils semblent carrément découvrir ce futur héliport sous leurs fenêtres.

"La plateforme est juste ici, derrière les arbres, donc on est vraiment plein-axe, pointe Jean-Baptiste Chas qui habite l'immeuble juste en face du quai d'Austerlitz. Je n'étais même pas au courant que ça allait se passer en face de chez moi et c'est un peu surprenant étant donné que c'est un quartier dans lequel on est déjà impacté par les nuisances de la circulation des voitures. Est-ce que ça va rajouter des nuisances? On se pose la question", nous explique-t-il. 

Le Volocity est 4 fois moins bruyant qu’un hélicoptère

Le porte-parole du groupe Aéroports de Paris (ADP)

à l'Œil du 20h

Pour Aéroports de Paris, responsable de la construction de cette plateforme, il est nécessaire de tester l’engin en conditions réelles dans la ville pour convaincre les habitants:

“Sans expérimentation, les solutions d’aviation décarbonée ne pourront pas émerger, et les citoyens ne pourront pas se les approprier. En l’occurrence, les craintes liées notamment aux nuisances sonores pourront être levées dans la mesure où le Volocity est 4 fois moins bruyant qu’un hélicoptère”, nous écrit le porte-parole d'ADP.

1,5 million d'euros de subventions

Malgré l’inquiétude des riverains et le refus de la mairie de Paris, la région Île-de-France a financé l’installation de la plateforme sur la Seine et le déploiement des Volocity pour près d’1,5 million d’euros.

Le 29 mai dernier, en séance plénière du conseil régional, sa présidente Valérie Pécresse a balayé les critiques et soutenu fermement le projet en se lançant dans la comparaison entre l'engin électrique et les aéronefs actuels: "Ouvrez-vos yeux et vos oreilles: Hélicopter/Volocopter, diesel/électrique, pollution/pas pollution, bruit/pas bruit. Il n'y a pas besoin de rapports pour le dire!", a-t-elle martelé.

L'opposition vent debout contre un moyen de transport pour "ultra-riches"

L’opposition s’agace de cette dépense d’argent public, pour un projet qui n’est, dit-elle, pas d’intérêt général. Pour Céline Malaisé, conseillère régionale PCF : "Il n'y aucune retombée économique en Île-de-France, aucune creation d'emplois liée à cette innovation et ca ne répond a aucun besoin social donc c'est quand même étonnant de vouloir passer en force pour etre les premiers en sachant qu'il n'y aura même pas de retombées économiques positives ou industrielles".

Le ministère des Transports a annoncé avoir autorisé les vols d'expérimentation pendant les Jeux Olympiques: "Je ne suis pas fan du taxi volant (...) Mais je n'ai pas envie, au nom de je ne sais quelle idéologie, que nous nous privions de cette expérimentation (...) C'est peut-être l'ambulance de demain. Alors soyons pragmatiques, analysons l'impact, et faisons une analyse coût-bénéfice", a déclaré Patrice Vergriete dans une interview à nos confrères du Parisien. 

Quant au collectif "Taxis-Volants non merci", il annonce un rassemblement le 21 juin prochain sur le Quai d'Austerlitz, face au futur héliport pour affirmer une nouvelle fois son opposition au projet dans la dernière ligne droite. 

Parmi nos sources:

Conclusions de l'enquête publique

Avis de l'Autorité environnementale

Présentation du projet du Quai d'Austerlitz par le groupe ADP

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.