VIDEO. "Train marshalls", ces agents du GIGN en civil déployés dans les trains cet été pour faire face à la menace terroriste

Les membres du GIGN, troupe d'élite de la gendarmerie, sont déployés incognito dans les trains cet été. Des patrouilles composées d'agents armés et en civils pour lutter contre la menace terroriste.

FRANCEINFO / RADIOFRANCE

Les premiers grands départs de l'été ont lieu à partir de samedi 7 juillet. La journée est classée orange sur l'ensemble du territoire. Dans les trains, la nouveauté cette année pour prévenir d'éventuels attentats est la présence des hommes du GIGN. Ces troupes d'élite de la gendarmerie sont déployés tout l'été, habillés en civil, mais armés. La mesure a été imaginée après l'attentat déjoué du Thalys en août 2015.

À l'entraînement, les deux militaires remontent le wagon en vitesse, on vient de leur signaler la présence d'un individu suspect. "Arme, arme. Ok, un terroriste neutralisé", crie un agent du GIGN. La mission des "Train marshalls" est inspirée des "Air marshalls", ces policiers américains postés incognito dans les avions. Depuis quelques jours, ces gendarmes du GIGN sont donc discrètement installés dans les trains de la SNCF.

"Faire cesser une attaque au plus tôt"

"On est sur un engagement de haut de spectre avec des unités de contre-terrorisme, le but étant de faire cesser une attaque au plus tôt", explique le lieutenant-colonel Benoît Terrier, de la direction générale de la gendarmerie. "Les 'Train marshalls' vont être engagés dès l'instant où l'intégrité physique d'une personne va être menacée, ou dès l'instant où le vecteur va être menacé avec une menace qui permettrait de provoquer un accident et donc un évènement gravissime", poursuit le lieutenant-colonel Terrier.

Ces "Train marshalls" sont aussi composés d'agents de la sureté ferroviaire de la SNCF. Ils ont travaillé main dans la main. "C'est une posture qui est un peu nouvelle pour nous parce que le spectre terroriste ne faisait pas partie intégrante de nos missions. Nous apportons notre savoir en termes d'environnement ferroviaire qui est un peu particulier et de l'intervention en milieu confiné qui est aussi particulier. Ensuite, les rôles sont bien définis. Chacun sait ce qu'il a à faire en fonction de nos pouvoirs, nous n'avons pas nous surveillant général les mêmes pouvoirs que nos collègues de la gendarmerie. Nous nous adaptons et nous sommes vraiment complémentaire à cette mission", explique Philippe, agent SNCF de la direction de la sureté.

"L'objectif, c'est vraiment de se fondre dans la masse"

Depuis des mois déjà, les "Train marshalls" s'entrainent à tous les scénarios possibles. Mathieu du GIGN a déjà fait une vingtaine de trajets incognito sur des TGV, des TER ou des trains de banlieue. "En fait avant de rentrer dans le train on se fait trois ou quatre scénarios. L'objectif, c'est vraiment de se fondre dans la masse. Donc si on est parti pour faire l'autiste moyen et bien on sort un téléphone et on se plonge dans le téléphone ou dans un livre, soit on décide de parler avec les gens pour se fondre dans la masse. L'objectif est de ne pas être décelé. Si vous prenez un train à 8 heures du matin, rempli d'hommes d'affaire ou d'ingénieurs, on s'habillera d'une certaine manière. On se comportera d'une autre manière que si on prend le train de retour de vacances qui sera rempli à 80% d'étudiants. C'est une adaptabilité", indique Mathieu. Le but est donc de se fondre dans la masse autant que possible pour créer l'effet de surprise et dissuader tant qu'on peut.

 Entrainement des nouveaux Train Marshalls dans un train, le 5 juillet 2018.
 Entrainement des nouveaux Train Marshalls dans un train, le 5 juillet 2018. (FRÉDÉRIC DUGIT / MAXPPP)