Un nouvel accord de fin de carrière à la SNCF pour "limiter" les effets de la réforme des retraites

Syndicats et direction ont signé, lundi, un accord qui permet un départ à la retraite anticipée.
Article rédigé par franceinfo
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Une réunion était organisée sur les primes allouées aux agents qui seront mobilisés pendant Paris 2024. (LOIC VENANCE / AFP)

Les quatre principaux syndicats et la direction ont entériné, lundi 22 avril, un nouveau dispositif de "cessation anticipée d'activité", permettant un départ à la retraite, tout en restant payé par l'entreprise. Concrètement, l'accord propose de scinder la fin de carrières en deux périodes. L'une où le salarié travaille et est payé à 100%. Puis une autre, où il ne travaille plus, mais reste payé à 75%.

D'une manière générale, les cheminots bénéficieront de ce dispositif pendant 18 mois, jusqu'à leur départ effectif à la retraite. Cela pourra monter à 30 mois pour ceux qui ont des métiers considérés comme "pénibles", comme les aiguilleurs ou les conducteurs, et même jusqu'à 36 mois pour les contrôleurs. Il s'agit, selon l'un des principaux syndicats du groupe, de moderniser un dispositif qui existe déjà, le CPA, "cessation progressive d'activité", qui devient donc "cessation anticipée d'activité".

"Atténuer les différentes réformes"

L'objectif selon la CGT, 1er syndicat du groupe, c'est de contourner la réforme des retraites. Même si cet accord n'annihile pas totalement les efforts de la réforme 2023, d'après la fédération cheminots du syndicat. Didier Mathis, secrétaire général de l'UNSA ferroviaire, une autre organisation signataire, est lui, parle d'atténuer la dernière réforme des retraites, mais aussi les précédentes : "Depuis les différentes réformes, les cheminotes et cheminots ont augmenté leur présence dans l'entreprise. L'âge d'ouverture des droits, qui est aujourd'hui de 57 ans... On le voit les agents partent à 60 ans. Les dispositifs qui accompagnent cet accord permettront d'attenuer en partie les différentes réformes que nous avons subies."

CGT, Unsa, CFDT et Sud Rail qui signent un accord avec la direction. C'est une unanimité entre partenaires sociaux rare à la SNCF. "Je salue une première pierre décisive dans la mise en œuvre de notre plateforme de progrès social", réagit Jean-Pierre Farandou, le président du groupe ferroviaire. D'après l'entreprise, le dernier accord en la matière remonte à 2008.

Concernant le coût de ce nouveau dispositif, cela va dépendre du nombre de salariés qui vont vouloir bénéficier de ce dispositif. Il va être mis en place au 1er janvier prochain mais les dossiers vont pouvoir être examinés dès juillet puisqu'il y a 6 mois de procédure, selon la CGT. Cet accord semble vecteur d'une paix sociale quelques mois avant les Jeux olympiques et paralympiques. Les contrôleurs ont fait plusieurs grèves récemment, en février notamment, ce qui a pénalisé 150 000 voyageurs. La menace d'un nouveau mouvement s'éloigne. D'ailleurs Sud-Rail décide de ne pas appeler à cesser le travail le mois prochain.

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