Prix, gares, confort... Cinq questions sur Trenitalia, le premier concurrent du TGV en France qui sera sur les rails à partir de samedi

La compagnie ferroviaire italienne est le premier opérateur à placer un train à grande vitesse concurrent sur une liaison 100% française.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Un TGV de la SNCF et une Frecciarossa de la compagnie Trenitalia, à la gare de Lyon, à Paris, le 11 décembre 2021. (MAXPPP)

Un nouveau train à grande vitesse rouge vif s'implante sur les rails de l'Hexagone. La compagnie italienne Trenitalia lance, samedi 18 décembre, sa Frecciarossa (flèche rouge), concurrente du TGV, sur la ligne Paris-Lyon. Il s'agit du premier opérateur à défier la SNCF sur le marché convoité de la grande vitesse en France depuis l'ouverture de ce secteur à la concurrence en décembre 2020. Franceinfo répond aux questions que vous vous posez sur ce nouvel acteur du ferroviaire en France.

1Quelles sont les lignes et les horaires proposés par Trenitalia en France ?

Quatre villes sont desservies en France par Trenitalia : Paris, Lyon, Chambéry et Modane (Savoie). Ces quatre étapes font en réalité partie de la ligne internationale Paris-Milan, qui dessert aussi Turin, en Italie. Deux allers-retours sont prévus chaque jour. Concrètement, Trenitalia assurera chaque jour deux Paris-Lyon, à 6h34 et 15h16, et deux Lyon-Paris, à 11h28 et 20h30. La SNCF aligne, de son côté, 22 TGV classiques et deux Ouigo par jour sur ce même trajet.

Ce n'est qu'un début. L'offre italienne devrait bientôt être étoffée. "Notre objectif est de renforcer cette offre avec trois allers-retours additionnels entre Paris et Lyon", assure le directeur général de Trenitalia France, Roberto Rinaudo. Ce développement est prévu "le plus tôt possible, normalement, dans la première moitié de l'année 2022".

2Quelles sont les différentes classes proposées dans ces TGV italiens ?

Trenitalia joue à fond la carte de la classe à l'Italienne pour tenter de séduire les voyageurs français. Si ses "flèches rouges" comptent évidemment une classe standard avec du wifi, un portail multimédia et une offre de restauration comparables aux TGV, elles proposent également deux classes supérieures.

L'équivalent de la première classe de la SNCF s'appelle "Business" chez Trenitalia avec un large fauteuil en cuir et une collation comprise dans le prix du billet. Pour les plus exigeants, une classe "Executive" propose dix fauteuils de cuir isolés par rame, très larges, inclinables et pivotables. "Pour les clients de cette classe, il y a à disposition toute l'offre de restauration, qui est 'open bar'", précise Roberto Rinaudo.

3Quels sont les tarifs (et les conditions) ?

"Notre but, c'est d'offrir un très bon rapport qualité-prix", assure le patron de Trenitalia France. Les prix de lancement sont plutôt alléchants, surtout en fin d'année, quand les billets de TGV flambent. La compagnie italienne promet ainsi des billets à partir de 23 euros en standard, de 29 euros en "Business" et 139 euros en "Executive" sur la ligne Paris-Lyon.

Reste que les prix d'appel de la compagnie italienne pourraient monter en flèche en période d'affluence. Certains billets simples en classe standard atteignent déjà 59 euros à l'approche des fêtes. Concernant les conditions d'achat, les billets sont échangeables à volonté et remboursables jusqu'au départ du train, avec une retenue de 20%.

4D'autres concurrents vont-ils bientôt remplir nos gares ?

Si Trenitalia est le premier opérateur à venir concurrencer la SNCF sur une ligne française de trains à grande vitesse, elle pourrait rapidement être rejointe par d'autres concurrents. La coopérative Railcoop, la start-up Midnight Trains et la compagnie espagnole Renfe ont annoncé leur intention de défier la SNCF sur les rails français ces prochaines années.

De quoi créer des embouteillages sur les rails et dans les gares ? "Ma mission, c'est d'accueillir tous les transporteurs avec équité", a assuré Marlène Dolveck, directrice générale de SNCF Gares & Connexions qui doit faire de la place pour accueillir les nouveaux opérateurs ferroviaires. Le gestionnaire des gares doit ainsi trouver des mètres carrés dans ses bâtiments pour caser des guichets, des distributeurs automatiques de titres de transport, des locaux techniques et des espaces de repos pour les employés. Il faut aussi adapter la signalétique.

5Quelle est la réaction de la SNCF ?

"Bienvenue aux nouveaux opérateurs", a lancé mercredi 15 décembre, au Sénat, le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. La compagnie a tout de même enclenché la riposte face à l'arrivée d'un concurrent sur sa ligne la plus rentable. Une classe "Business" a ainsi été créée avec une collation incluse et des conditions d'échanges avantageuses. Les billets de la SNCF sont également beaucoup plus flexibles grâce à ses 22 allers-retours par jour entre Paris et Lyon.

Le PDG de la SNCF a également annoncé qu'il comptait faire de 2022 "l'année du service au client" pour que la compagnie devienne "impeccable". Il faut dire que la fin d'année 2021 s'avère mouvementée. Un préavis de grève à partir du 18 décembre a ainsi été levé à la dernière minute, non sans conséquences pour les voyageurs de la SNCF.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers SNCF

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.