Le train de primeurs Perpignan-Rungis menacé : "Un non sens et écologique et économique" dénonce la présidente de l'Occitanie

"On ne peut pas en France continuer à avoir un double discours", prévient vendredi Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie, alors que le contrat avec la filiale fret de la SNCF n'a pas été renouvelé.

Carole Delga, le 10 avril 2019 à Paris.
Carole Delga, le 10 avril 2019 à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

L'avenir du train des primeurs qui relie Perpignan à Rungis pour alimenter le marché de Rungis une fois par jour est compromis. Chaque année, il transporte 400 000 tonnes de fruits et légumes chaque année. Mais le contrat passé avec la filiale fret de SNCF arrive à son terme fin juin. Et pour l'instant, il n'est pas renouvelé.

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Pour Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie, ce serait "un non-sens et écologique et économique". "On ne peut pas en France continuer à avoir un double discours, dénonce-t-elle vendredi 17 mai sur franceinfo. Nous avons besoin de développer le transport des marchandises et des personnes par le train. Et ce n'est pas acceptable qu'en fermant cette ligne, juste pour des considérations financières de courts termes, on mette plus de 20 000 camions par an sur les routes."

franceinfo : Pourquoi ce contrat n'est pas renouvelé ?

Carole Delga : Il n'est pas renouvelé parce que pour l'instant, il n'y a pas une véritable volonté politique à la SNCF de proposer une solution concernant ces wagons frigorifiques. J'avais écrit il y a six semaines à Guillaume Pépy, le président de la SNCF, lui proposant de suspendre sa décision pour qu'on puisse mettre en place une offre pour les prochaines années. Nous avons des wagons plutôt en fin de vie mais qui ont encore deux à trois ans de vie. Pour l'instant, il y a une fin de non-recevoir de la part de la SNCF. C'est vraiment l'avenir de développer le transport par le rail pour les marchandises et pour les fruits et légumes.

Même si la ligne n'est plus rentable ? Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, se dit "choqué" mais estime qu'un investissement de 30 millions d'euros dans de nouveaux wagons serait nécessaire, dans un marché trop volatile...

Il va falloir maintenant savoir si dans ce monde, on est juste sur une rentabilité de court terme ou si on évalue l'impact sur l'environnement. Fermer, c'est plus de 80 camions par jour sur nos routes. Et là, il y a un vrai impact que pour l'instant la SNCF ne veut pas chiffrer. Quand on demande un devis pour réhabiliter une ligne de chemin de fer, c'est en général supérieur de 30% minimum à un autre devis fait par une entreprise ferroviaire. Donc, mettons-nous autour d'une table, travaillons sérieusement, soyons conscient qu'il y a une urgence climatique, qu'on ne peut pas en France continuer à avoir un double discours. D'un côté, dire qu'on va agir pour l'environnement et d'accepter de fermer cette ligne ferroviaire de fret entre Rungis et Saint-Charles-Perpignan. Derrière, il y a aussi des centaines d'emplois qui sont liés au chargement de ces wagons réfrigérés.

Est-ce que la région pourra mettre la main à la poche ?

La région sera bien sûr présente pour mettre la main à la poche en complément de l'État, de la SNCF. Et j'avais aussi réuni la semaine dernière les chargeurs qui ont pris des engagements sur des volumes sur plusieurs années. La balle est dans le camp de la SNCF et du gouvernement.