La SNCF va réaffecter son employé payé à ne rien faire depuis 12 ans

Depuis 2003, Charles Simon perçoit chaque mois 5 497 euros brut, sans travailler. Le cadre tentait de négocier une indemnité de départ, en vain.

Le siège de la SNCF, le 15 juillet 2015. 
Le siège de la SNCF, le 15 juillet 2015.  (MARTIN BUREAU / AFP)

Fin du statu quo entre Charles Simon et la SNCF. La société ferroviaire a annoncé, vendredi 14 août, que son employé, qui affirme être payé à ne rien faire depuis 12 ans, "sera affecté à un nouveau poste à partir du 1er septembre".

Charles Simon, cadre supérieur de la SNCF, perçoit chaque mois 5 496,69 euros brut, avec une indemnité de résidence et une prime de gestion, et cela sans travailler. Dans "Le Point", il a expliqué avoir été "placardisé virtuellement" en 2003 pour avoir "dénoncé une mauvaise gestion de la comptabilité de Geodis", une filiale de la SNCF. Il déplore ne pas avoir été affecté à un nouveau poste depuis.

Une "mutation disciplinaire", selon le cadre 

La SNCF précise que cet employé n'a déposé aucune plainte contre la mauvaise gestion qu'il dénonce, et considère l'attitude de Charles Simon "comme mal intentionnée". Le groupe public, qui n'est pas en capacité de mettre quelqu'un à la retraite d'office, ne peut pas non plus le licencier, puisque Charles Simon est employé "au statut cheminot, qui interdit le licenciement", a souligné un porte-parole du groupe. La SNCF affirme que Charles Simon a "refusé toutes les solutions proposées, reclassement ou négociation financière pour quitter l'entreprise".

La société a annoncé mettre fin à toute négociation sans lui verser "un euro de dédommagement" et annonce que le cadre "sera affecté à un nouveau poste à partir du 1er septembre". Charles Simon a dénoncé une "mutation disciplinaire", avant de confier qu'il préférait une négociation de ses conditions de départ.