La SNCF va lancer l'an prochain en Espagne son TGV low cost Ouigo

A compter du 15 mars 2021, le service proposera dans un premier temps cinq allers-retours quotidiens sur la liaison Madrid-Saragosse-Tarragone-Barcelone. Le projet a pris trois mois de retard en raison de l'épidémie de Covid-19.

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La gare de France à Barcelone (Espagne), le 14 avril 2020. (JOAN VALLS / NURPHOTO / AFP)

La SNCF a pris ses billets pour l'Espagne et on connaît désormais son jour d'arrivée. La compagnie française a annoncé, mardi 22 septembre, qu'elle allait déployer son service low cost Ouigo de l'autre côté des Pyrénées à partir du 15 mars 2021, en commençant par cinq allers-retours quotidiens sur la liaison Madrid-Saragosse-Tarragone-Barcelone.

Trois mois de retard en raison du Covid-19

La SNCF s'était vu attribuer en novembre 2019 des droits de circulation pour cinq allers-retours par jour entre Madrid, l'Aragon et la Catalogne (nord-est), cinq entre Madrid et la région de Valence (est) et cinq autres entre Madrid et l'Andalousie (sud). Elle a signé en avril son contrat avec le gestionnaire public des voies ferrées espagnoles, Adif.

"Malgré les pertes qu'on a connues et qu'on connaît encore [à cause de la crise du coronavirus], c'était important pour la SNCF de maintenir le projet", a expliqué le directeur général de Voyages SNCF, Alain Krakovitch. "Il y a une vraie logique à proposer un produit low cost en Espagne qui n'existait pas jusqu'à présent."

La SNCF, qui comptait se lancer en décembre, a pris à cause de la pandémie "trois mois de retard sur la préparation des rames avec Alstom et sur leur homologation" en Espagne, a relevé Alain Krakovitch. "On est encore en train d'équiper les rames", a-t-il noté, envisageant un lancement sur Madrid-Valence/Alicante vers "fin 2021-début 2022" et Madrid-Cordoue-Séville/Malaga en 2023.

Le Ouigo espagnol sera équipé d'un bar

Sur le modèle du Ouigo français, la SNCF va utiliser en Espagne 14 rames TGV duplex – construites par Alstom –, prélevées dans son parc et réaménagées dans ses ateliers de Bischheim, près de Strasbourg. Elle a aussi gardé le nom Ouigo. "On a fait des études de marques qui montrent que Ouigo, ça marche très bien en espagnol", a relevé le responsable.

"Nous prenons en compte l'aspiration des Espagnols de pouvoir voyager à des prix bas. Adif a augmenté son offre de capacité de 60% et nous prenons part à cet effort", a ajouté Hélène Valenzuela, directrice de Ouigo Espagne.

En moyenne, nos prix vont se situer 50% en dessous des prix actuels.

Hélène Valenzuela, directrice de Ouigo Espagne

à l'AFP

"Il ne s'agit pas en Espagne de faire un copier-coller de l'offre française, mais de prendre le meilleur de ce que nous savons faire pour répondre à ce que les voyageurs espagnols nous ont dit attendre", a ajouté Alain Krakovitch lors d'une conférence de presse à Madrid. Le Ouigo espagnol aura ainsi un bar, contrairement à son grand frère français.

Un secteur de plus en plus concurrentiel

L'Espagne possède le deuxième réseau de lignes à grande vitesse au monde après la Chine, mais il est relativement sous-utilisé. L'arrivée de la SNCF devrait créer "plus de 1 300 emplois directs et indirects en Espagne", notamment dans la maintenance des trains, qui sera effectuée par Alstom dans des ateliers en Espagne, a précisé Alain Krakovitch. Des conducteurs espagnols sont également en formation.

Face à cette concurrence venue de France, l'opérateur historique espagnol Renfe devait lancer ses propres trains à grande vitesse low cost le 6 avril, mais a reporté son projet à cause de la pandémie. Un troisième exploitant baptisé Ilsa – filiale commune de la compagnie publique italienne Trenitalia et de la compagnie aérienne espagnole Air Nostrum – doit de son côté aborder le marché espagnol en 2022, avec des trains neufs.

Renfe et Trenitalia ont parallèlement fait part de leur intention de se lancer sur le marché français des trains à grande vitesse, en commençant respectivement par les liaisons Lyon-Marseille et Paris-Lyon-Milan.

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