L'État devra reprendre au moins une partie de la dette "insoutenable" de la SNCF, estime le député Jean-Baptiste Djebbari

Le député (LREM) de Haute-Vienne Jean-Baptiste Djebbari, rapporteur du pacte ferroviaire à l'Assemblée nationale, a estimé jeudi matin sur franceinfo que l'État devrait forcément reprendre au moins une partie de la dette "insoutenable" de la SNCF.

Le député LREM Jean-Baptiste Djebbari, lors d\'une séance de questions d\'actualité au gouvernement, à l\'Assemblée nationale, le 31 octobre 2017.
Le député LREM Jean-Baptiste Djebbari, lors d'une séance de questions d'actualité au gouvernement, à l'Assemblée nationale, le 31 octobre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"La SNCF, endettée comme elle est, ne peut plus rien faire" : c'est ce qu'a estimé sur franceinfo jeudi matin le député (LREM) de Haute-Vienne Jean-Baptiste Djebbari, rapporteur du pacte ferroviaire à l'Assemblée nationale. Il a estimé que l'État devrait forcément reprendre au moins une partie de la dette "insoutenable" de la SNCF, car il est notamment impossible de créer une société anonyme - le statut que souhaite donner à la SNCF le gouvernement - qui serait de facto "en situation de faillite".

"C'est une dette qui est insoutenable : avec les recettes de la SNCF, on ne peut pas résorber la dette. Donc il faudra en reprendre une partie - dite insoutenable - et peut-être qu'une partie pourra rester dans la SCNF, la partie qui pourra être soutenue par les recettes", a dit Jean-Baptiste Djebbari.

Pour la "crédibilité de la parole de l'État"

Selon cet élu LREM, il faut "assez rapidement dire comment on va faire". "C'est aussi une histoire de crédibilité de la parole de l'État, notamment vis à vis des syndicats." Cette reprise de la dette de la SNCF par l'État est un problème urgent pour le député, bien qu'il ne fasse pas partie de la réforme actuellement proposée par le gouvernement. Édouard Philippe a même conditionné, jeudi matin, la reprise de cette dette, aux effets éventuellement positifs que produirait cette réforme "avant la fin du quinquennat".

"La semaine prochaine, dans l'hémicycle, nous allons parler du statut des différentes entreprises de la SNCF, et notamment du passage d'un Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) en SA (société anonyme). Si on installe une SA, alors on ne peut pas installer une SA qui a 35 milliards de dette", a ajouté Jean-Baptiste Djebbari.

On ne peut pas, de facto, créer une entreprise en situation de failliteJean-Baptiste Djebbari, député LREM de Haute-Viennefranceinfo

"Il faudra dire ce qu'on fait de la dette, et je crois que le gouvernement, dans les jours qui viennent, fera des annonces sur le comment, le pourquoi et les différentes modalités pour reprendre la dette", a encore précisé le député LREM.