Grèves : "Si on passe tout notre temps à lutter dans notre coin, on ne risque pas de gagner"

Le délégué Sud-Rail, Fabien Villedieu a estimé jeudi sur franceinfo qu'"on passe de la convergence de la colère à la convergence des luttes".

Le délégué Sud-Rail, Fabien Villedieu à Paris, le 13 avril 2018.
Le délégué Sud-Rail, Fabien Villedieu à Paris, le 13 avril 2018. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Les cheminots, fonctionnaires ou encore salariés du secteur de l'énergie sont appelés à manifester et à faire grève jeudi 19 avril à l'appel de la CGT et de Solidaires. La convergence des luttes est-elle une bonne chose pour le mouvement des cheminots ? "Face à une personne aussi déterminée que Macron, si on passe tout notre temps à lutter dans notre coin, on ne risque pas de gagner", répond sur franceinfo Fabien Villedieu, délégué Sud-Rail, l'un des porte-paroles du syndicat.

"Il y a beaucoup de colère. On passe de la convergence de la colère à la convergence des luttes. C'est le sens de la journée d'aujourd'hui." Les cheminots ont "besoin de ça", ajoute le syndicaliste.

Le soutien, on l'a de la part des syndicats et des voyageurs.Fabien Villedieu, délégué Sud-Railà franceinfo

Si les taux de grévistes varient, c'est parce que "certains collègues font grève, se remettent au travail et refont grève", explique Fabien Villedieu. "Le dernier pourcentage de grève le plus important de toute la séquence, c'était samedi dernier. Donc peut-être que les chiffres vont baisser, mais il ne faudrait pas se réjouir trop vite du côté du gouvernement. Il risque de remonter la semaine prochaine où il y aura Air France avec nous."

L'idée d'une grève reconductible

Sud-Rail n'abandonne pas l'idée d'une grève reconductible, "mais ne veut l'imposer à personne. C'est une erreur de se focaliser sur la forme. Ce qui est important, c'est que les gens se mettent en grève."

Fabien Villedieu prévient Emmenuel Macron et Elisabeth Borne, trop sûrs d'eux selon lui : "c'est la principale faiblesse d'Emmanuel Macron. À force d'être trop confiant, ça risque de lui revenir au visage."