Grève du 5 décembre : les "cars Macron" profitent du mouvement social

Les deux entreprises du secteur, Flixbus et BlaBlaBus, prévoient des rotations supplémentaires, en prévision de la grève des transports.

Un car de la compagnie Flixbus devant l\'Opéra Garnier, le 19 mai 2015, à Paris.
Un car de la compagnie Flixbus devant l'Opéra Garnier, le 19 mai 2015, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les "cars Macron" ont le sourire. La grève des transports est une aubaine pour les deux compagnies du secteur, Flixbus et BlablaBus, qui vont organiser des rotations supplémentaires pour tenter de remplacer les trains supprimés. Les entreprises promettent toutefois qu'elles n'en profiteront pas pour augmenter les prix.

Il ne reste plus que deux compagnies sur le marché – toujours déficitaire – des autocars interurbains, libéralisé à l'été 2015 par Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie : l'allemand Flixbus a racheté Isilines et Eurolines (filiales de Transdev) tandis que BlablaCar a racheté Ouibus (filiale de la SNCF) pour le transformer en BlablaBus.

"La demande a doublé !"

Pour les deux sociétés, le conflit social qui se prépare à partir du jeudi 5 décembre est du pain bénit. "La demande a doublé !", se réjouit-on déjà tant chez Flixbus que chez BlablaCar. Les deux compagnies se sont donc employées à faire circuler davantage d'autocars. Elles ont en revanche repoussé les appels du pied du gouvernement qui leur demandait de déployer des cars en Ile-de-France.

Flixbus, par exemple, va augmenter sa capacité d'environ 10% du 5 au 8 décembre, et le week-end suivant (12 au 15 décembre). "On fait dans la mesure de nos capacités, ce n'est pas non plus simplissime pour nous de mettre de l'offre supplémentaire sur les routes", explique Yvan Lefranc-Morin, directeur général pour la France de la société allemande.

Il lui faut en effet "mobiliser" les sous-traitants, pour qu'ils trouvent des véhicules et des chauffeurs, et aussi obtenir de la place dans les gares routières, entre autres contraintes administratives. "En aucun cas on ne serait capable de doubler notre capacité du jour au lendemain", insiste-t-il, notant que les cars supplémentaires seront concentrés sur les plus gros axes. Parmi les destinations les plus prisées : la Normandie, le Grand Ouest, et surtout, pour le week-end, Lyon pour la Fête des lumières et Strasbourg pour son marché de Noël.