Hausse record des prix des carburants : "C'est très difficilement supportable" pour les trésoreries des transporteurs routiers

Le carburant représente 22 à 25% des coûts de revient, explique la déléguée générale de la Fédération nationale des transporteurs routiers.

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Radio France
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La Fédération nationale des transporteurs routiers craint des faillites en raison de la hausse du prix des carburants (photo d'illustration). (JEAN-LOUP GAUTREAU / AFP)

La hausse record des prix des carburants est "très difficilement supportable" pour les trésoreries, alerte la déléguée générale de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) Florence Berthelot mardi 18 janvier sur franceinfo. Elle déclare craindre des fermetures d'entreprises à cause de l'augmentation du prix de l'énergie.

>> Flambée des prix des carburants : "Il est impossible de jouer sur la marge", estime les propriétaires-exploitants de stations-service

"C'est très difficilement supportable. Aujourd'hui, les camions roulent principalement au gazole et certains vont vers la transition énergétique à travers le gaz, or il se trouve que ces deux énergies augmentent considérablement", dénonce-t-elle. Poussés par un prix du pétrole en hausse, les carburants vont de record en record depuis le début de l'année, avec le gazole qui a dépassé pour la première fois les 1,60 euro le litre. Une tendance qui risque de se poursuivre, tant les tensions sur les marchés de l'énergie restent vives. Les entreprises de transports routiers font une marge de 1% seulement "les bonnes années", observe Florence Berthelot.

Des entreprises très fragilisées

"Sur un an, ce sont plus de 30 centimes sur un litre de gazole et quant au prix du gaz naturel véhicule, qui n'est pas du tout dans les tarifs réglementés, c'est 400% d'augmentation. Donc ça grève très lourdement les trésoreries d'entreprises qui sont toujours en tentative de sortie de crise et très fragilisées", calcule la déléguée générale.

Interrogée sur la marge de manœuvre des entreprises et sur les adaptations éventuelles qu'elles pourraient mettre en place pour réaliser des économies, Florence Berthelot affirme que tous les routiers sont déjà formés à l'éco-conduite, que les camions circulent remplis, mais que le carburant "reste quand même un poste très important dans les coûts de revient, aux alentours de 22-25%".

L'État doit mieux contrôler la répercussion des variations de prix

La Fédération nationale des transports routiers demande à l'État de "renforcer les contrôles" de la répercussion des variations du prix du carburant dans les coûts car cela ne "fonctionne pas forcément très bien quand il y a des inflations aussi violentes". Elle demande aussi à "décoréler des prix de l'énergie qui se suivent sans logique" comme le gaz qui est indexé sur le prix de l'électricité, "pas très cohérent".

La déléguée générale estime que la hausse du prix du carburant ne va pas se ressentir sur le prix des produits car le transport ne représente que 3% de leur coût pour le consommateur. Mais elle estime que, puisque le prix de l'énergie va être "durablement" élevé, voire "s'accroître" encore, en raison de la transition énergétique et du développement d'autres énergies meilleures pour l'environnement mais qui sont plus chères, "il faut véritablement que tout le monde intègre que le prix du transport sera nécessairement plus cher parce qu'on va avoir de l'énergie beaucoup plus chère".

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