Reportage "Pour remplacer un bateau, il faut 60 camions" : la sécheresse du Rhin entrave le transport fluvial de céréales

Le niveau exceptionellement bas du Rhin et le contexte international freinent le transport fluvial. Le nouveau port de Metz tourne au ralenti cet été. 

Article rédigé par
Mélanie Kuszelewicz - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les silos a céréales de l'entreprise Invivo au Nouveau Port de Metz, en Moselle.  (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Dans le nouveau port de Metz, en Moselle, seuls deux bateaux sont à quai et ce sont les deux derniers de la journée à partir. "Sur ces silos, il y a quatre postes de chargement, il y en a deux qui sont occupés. Et puis de l'autre côté, aucun poste de chargement n'est occupé", montre Vincent le Ber, responsable céréales pour le groupe Lorca, une coopérative agricole. 

À cause de la sécheresse, l'activité du premier port fluvial céréalier de France est fortement ralentie. Habituellement, plus de deux millions de tonnes de céréales sont exportées vers le Bénélux, la Hollande ou l’Allemagne chaque année. Mais cet été, le niveau de l'eau est exceptionnellement bas dans le Rhin. Et alors que les récoltes sont terminées et les silos pleins à craquer, impossible de faire partir autant de bateaux qu’espéré par la voie fluviale. 

Des bateaux remplis au tiers

Les bateaux sont donc rares à partir, mais en plus de cela, ils ne sont remplis qu'au tiers de leur capacité maximale de 2 500 tonnes de céréales. Au-delà de 900 tonnes, ils risqueraient de racler le fond du Rhin. "Sur la Moselle, nous parvenons à maintenir le niveau de l'eau grâce à des barrages qui sont accouplés aux écluses. Par contre, le Rhin, qui est un courant libre et pas une rivière aménagée, subit ce qu'on appelle des 'basses-eaux', explique Xavier Lugherini, en charge du développement des ports pour Voies navigables de France. La conséquence c'est que tous les bateaux qui vont et viennent sur le Rhin sont obligés de moins charger." 


Pour compenser le faible chargement et les départs espacés des bateaux, les céréaliers exportent une partie de leur marchandise par train ou par camion. Mais le transport fluvial reste la meilleure solution pour Vincent Le Ber.

Il faut savoir qu'un bateau transporte en moyenne 2 000 tonnes alors qu'un camion ne transporte que 30 tonnes.

Vincent le Ber, responsable céréales pour le groupe Lorca

à franceinfo

"Pour remplacer un bateau, il faut un peu plus de 60 camions, déplore Vincent Le Ber. Et au-delà de l'environnement, ce sont aussi des questions de sécurité puisqu'il y a moins d'accidents sur un fleuve que sur une route. C'est vraiment global", affirme-t-il. 

Les tarifs du transport fluvial s'envolent

À ces difficultés s’ajoute la reprise des centrales à charbon en Allemagne, due à la menace de coupure du gaz russe. "Ces centrales à charbon sont alimentées par bateau. Compte tenu de la nécessité économique et de l'absence d'alternative pour l'Allemagne, le prix du transport fluvial s'est envolé avec des tarifs jamais vus. Tout simplement parce que l'économie allemande est dos au mur", explique Jean-Marc Thomas, directeur général de CFNR transport, chargé de la gestion du nouveau port de Metz. 

Pour les mois de juillet et août, le gestionnaire prévoit d'ailleurs une baisse d’activité du transport fluvial de 20 à 25% sur nouveau le port de Metz.

"Pour remplacer un bateau, il faut 60 camions" : la sécheresse du Rhin entrave le transport fluvial de céréales - un reportage de Mélanie Kuszelewicz
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