TER trop larges : la rapporteure PS du budget à l'Assemblée appelle à la démission de Pepy

La majorité monte au créneau pour dénoncer la commande de 2 000 rames de TER trop larges et, en creux, justifier la réforme ferroviaire en préparation.

Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, dans un centre de maintenance à Pantin (Seine-Saint-Denis), le 1er octobre 2013.
Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, dans un centre de maintenance à Pantin (Seine-Saint-Denis), le 1er octobre 2013. (ERIC PIERMONT / AFP)

Les nouveaux trains express régionaux (TER), plus larges que les précédents, font parler d'eux. Leurs dimensions vont nécessiter de raboter 1 300 quais pour un coût de 50 millions d'euros, ont indiqué mardi 20 mai la SNCF et Réseau ferré de France (RFF). En réaction, le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, a annoncé mercredi avoir demandé à ces deux établissements publics que soit menée une enquête interne

Dans le même temps, la commission du développement durable de l'Assemblée nationale va auditionner les présidents de la SNCF et de RFF, Guillaume Pepy et Jacques Rapoport, sur cette bévue qui indigne la majorité.

Appel à la démission de Guillaume Pepy

La rapporteure générale du budget à l'Assemblée, Valérie Rabault (PS), a ainsi estimé que Guillaume Pepy devait "démissionner" : "50 millions d'euros, c'est beaucoup d'argent et on est la risée de la presse internationale", a-t-elle déclaré aux journalistes dans les couloirs de l'Assemblée.

Mardi soir, Frédéric Cuvillier a été l'un des premiers à s'exprimer sur cette affaire. C'est une situation "rocambolesque" et "comiquement dramatique", a-t-il dénoncé. "C'est proprement hallucinant. Je pense que la responsabilité des dirigeants est engagée", a déclaré de son côté Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, sur i-Télé, mercredi matin. 

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"On ne comprendrait pas qu'ils restent tranquillement à regarder passer les trains. L'Etat devra lui aussi prendre ses responsabilités et en tirer toutes les conclusions. Les choses devraient être simples : quand il y a une telle erreur qui coûte tellement d'argent, on en tire les conséquences", a-t-il poursuivi.

Interrogée à la sortie du Conseil des ministres, la ministre de l'Ecologie a jugé l'affaire "consternante". Ségolène Royal demande que "toute la clarté" soit faite "sur les raisons pour lesquelles des décisions aussi stupides ont été prises". L'ancienne présidente de la région Poitou-Charentes a aussi prévenu que "les régions ne paieront pas ces erreurs invraisemblables qui prouvent simplement qu'il y a des gens dans les bureaux parisiens qui sont beaucoup trop éloignés des réalités du territoire".

FRANCE 2

Une affaire qui "justifie la réforme ferroviaire"

Cette erreur "justifie d'autant plus la réforme ferroviaire qui est en préparation pour coordonner les actions et les choix entre celui qui gère les infrastructures (Réseau ferré de France) et ceux qui font l'exploitation des trains (la SNCF). S'il y a dysfonctionnement, il est là", a jugé le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, pour qui cette affaire est "assez consternante". Interrogé sur d'éventuelles sanctions, lors du compte-rendu du Conseil des ministres, il n'a souhaité faire "aucun commentaire".

Pour Frédéric Cuvillier, ce "dysfonctionnement" est à mettre sur le compte de la scission, en 1997, entre la SNCF, qui gère le matériel, les gares et fait rouler les trains, et RFF, qui s'occupe du réseau. Il a également dénoncé la "confrontation, l'opposition", issue selon lui de cette séparation.