Plan vélo : "C'est au Medef de donner un signal vis-à-vis du changement culturel à opérer dans de grandes entreprises"

WWF France ne cache pas son "inquiétude sur les arbitrages" qui seront rendus en matière de budget pour le plan vélo. Il demande "la généralisation de l'indemnité kilométrique vélo" pour les salariés des entreprises. 

Un cycliste dans les rues de Nantes.
Un cycliste dans les rues de Nantes. (FRED DUFOUR / AFP)

"C'est au Medef de donner un signal clair vis-à-vis du changement culturel à opérer dans de grandes entreprises", a affirmé vendredi 20 juillet sur franceinfo Pierre Cannet, le responsable des programmes climat, énergie et villes durables au WWF France, au sujet de l'élan à donner au plan vélo. Il réagissait à l'annonce de mesures par le gouvernement, destinées à encourager les modes de transport plus propres pour lutter contre la pollution de l'air. Le WWF qui demande "la généralisation de l'indemnité kilométrique vélo" pour les salariés des entreprises estime que c'est au Medef de "demander au gouvernement" qu'elle soit "accessible à tous".

Ce plan mobilités répond-il à l'urgence ?

C'est un plan qui pose les premières bases pour une mobilité durable. Tout l'enjeu est de sortir du véhicule thermique fossile individuel et d'aller vers l'ensemble de ces alternatives, de véhicules électriques partagés, du covoiturage, vers des modes actifs, vélo ou marche à pied. Aujourd'hui c'est un partenariat qui est demandé avec les collectivités. Ce sont donc de premières bases qui sont tournées vers ces territoires les plus pollués, 14 en France, qui sont menacés d'un contentieux avec l'Union européenne vis-à-vis de dépassement de pollution. Tout l'enjeu, c'est de voir ces territoires, Marseille, Toulon ou Nice, passer à l'action sur la base de ce partenariat conclu aujourd'hui avec le gouvernement. Emmanuel Borne et Nicolas Hulot doivent maintenant avancer les alternatives.

C'est donc aux collectivités locales de se débrouiller ?

Cette qualité de l'air touche en première ligne ces territoires où les véhicules circulent. Ce que l'État doit mettre en place, c'est ce qui a été annoncé via ces zones à faibles émissions, notamment des outils et des dispositifs de la part de l'État, des bonus prolongés, des contrôles renforcés dans ces territoires. Dans les alternatives, ce qui manque aujourd'hui, c'est le plan vélo. On ne peut pas imaginer une bonne qualité de l'air sans renforcement des moyens accordés au vélo. Il y a beaucoup d'attente pour les annonces attendues pour septembre. C'est toujours l'inconnu vis-à-vis des budgets qui seront mobilisés pour mettre en place ces infrastructures vélos.

Êtes-vous inquiet pour la mise en place de ce plan vélo ?

Les inquiétudes sont plutôt sur les arbitrages qui vont être rendus en matière de budget. Il faut que l'État puisse mobiliser 200 millions d'euros par an, soit à peu près trois euros par habitant et par an. L'autre inquiétude, c'est vis-à-vis de la généralisation de l'indemnité kilométrique vélo. Les entreprises doivent pouvoir proposer un forfait mobilité. L'entreprise, qui finançait des véhicules diesel uniquement via les véhicules de fonction, doit aller vers le transport en commun, vers le soutien au vélo. Ce sont des centaines de milliers de salariés qui l'utilisent déjà en France. C'est au Medef de donner un signal clair vis-à-vis du changement culturel à opérer dans de grandes entreprises. Le vélo c'est aussi un aspect industriel. C'est de l'emploi en France. Et pour les gens qui viennent en vélo au travail, c'est une meilleure santé, un taux d'absentéisme réduit de 15%. Il y a de nombreux retours d'expériences qui sont très clairs. Il y a beaucoup d'entreprises qui ont mis en place cet outil. Que le Medef puisse les entendre et demander au gouvernement de le rendre accessible à tous.