Ardennes : les "gilets jaunes" de Revin expriment leur colère

La mobilisation des "gilets jaunes" est particulièrement importante en zone rurale. À Revin, dans les Ardennes, la ville se vide de ses habitants alors que le chômage a augmenté de 20%.

FRANCE 3

Quel que soit leur métier, les "gilets jaunes" de Revin (Ardennes), sont tous rassemblés samedi 17 novembre, déterminés à exprimer leur colère, comme Aurélien Pierre, qui gère une microentreprise multiservices : "C'est pas avec le boulot qu'on fait qu'on arrive à payer nos factures, c'est impossible. On n'y arrive pas du tout", affirme-t-il. L'initiateur du mouvement est salarié dans un plan local qui aide à s'insérer professionnellement et il souhaite sauver la ville : "On est dans une ville qui a perdu de l'emploi, avec des fermetures d'usines et de magasins. La vie est triste", explique-t-il. Depuis plusieurs années la ville semble à l'abandon et, en trente ans, le nombre d'habitants est passé de 15 000 à 6 500.

"Revin est amené à mourir"

Une longue agonie qui s'accélère avec la fermeture d'Electrolux et le licenciement de nombreux employés. "Revin est amené à mourir en très peu de temps, on arrive sur la fin de la ville", confie un de ses habitants. Mais d'autres choisissent de rester, comme une esthéticienne qui tenait son propre salon, mais qui s'est désormais associée à une coiffeuse pour récupérer des clients. "C'est dur, forcément les gens n'ont pas de travail donc c'est difficile de se faire plaisir en esthétique si financièrement c'est pas trop ça", analyse-t-elle. Plus que la hausse des prix du carburant, c'est donc toute une crise sociale qui conduit les habitants de Revin à bloquer les rues. Le mouvement devrait se poursuivre dans les prochains jours.

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Des gens bloquent une rocade lors d\'une manifestation de \"gilets jaunes\" contre la hausse des carburants, le 17 novembre 2018 à Bordeaux (Gironde).
Des gens bloquent une rocade lors d'une manifestation de "gilets jaunes" contre la hausse des carburants, le 17 novembre 2018 à Bordeaux (Gironde). (NICOLAS TUCAT / AFP)