Métro 18 Orly-Saclay : "Si cette date est remise en cause, ce sera vécu comme une trahison", estime Cédric Villani, député LREM

Des chercheurs demandent au gouvernement de ne pas retarder l’ouverture de la ligne 18 qui doit relier Orly à Saclay, prévue en 2024. Parmi eux, le député LREM et mathématicien Cédric Villani, qui y verrait une "trahison".

Le député La République en marche, Cédric Villani, le 12 décembre 2017, à l\'Assemblée nationale.
Le député La République en marche, Cédric Villani, le 12 décembre 2017, à l'Assemblée nationale. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Dans une lettre ouverte publiée sur le site du Monde, des chercheurs demandent au gouvernement de ne pas retarder l’ouverture de la ligne 18 qui doit relier Orly à Saclay, prévue en 2024 dans le cadre du Grand Paris. Parmi les signataires, Cédric Villani, mathématicien et député LREM de la 5e circonscription de l’Essonne. "Si le métro est reporté par trop ce sera un séisme localement sur le grand projet de Paris-Saclay", a-t-il estimé ce mardi sur franceinfo. "Le dossier des transports en commun est vital. Il peut faire écrouler le projet s'il n'est pas pris au sérieux", a-t-il ajouté. Et de renchérir : "Si cette date est remise en cause, ce sera vécu comme une trahison par les acteurs qui ont pris les risques pour participer à l'aventure."

franceinfo : En quoi ce report changerait-il les choses ?

Cédric Villani : Cela veut dire que tous les acteurs qui sont partie prenante de ce projet, les universités, les grandes écoles, le projet d'hôpital, vont devoir supporter des congestions locales dans les transports qui vont devenir insupportables et s'aggraver. Cela veut dire aussi que la parole de l'État, donnée solennellement, sera remise en cause, de sorte que le lien de confiance qui a été essentiel pour bâtir ce projet va se retrouver délité. Si le métro est reporté ce sera un séisme, localement, sur le grand projet de Paris-Saclay

Sur quoi vous basez-vous pour dire que les délais ne vont pas être respectés ?

Ce sont des bruits de couloirs, de façon assez convaincante et à beaucoup de niveau du gouvernement pour indiquer que des calendriers alternatifs sont à l'étude. On nous a parlé de bus électriques à haut niveau de service en remplacement du métro. On nous a parlé de certaines autres solutions techniques. On nous a parlé de report de l'ouverture du métro jusqu'en 2028. Ce sont là des dates ou des solutions techniques qui sont complètement insuffisantes.

Ce retard ne menace pas non plus l'avenir de Paris-Saclay. Pourquoi cela vous dérange-t-il autant ?

Parce que le calendrier de tous les acteurs locaux, de toutes les parties prenantes, a été calé sur le calendrier des transports. Depuis le début la date de 2024 pour Paris-Saclay a été annoncée aux maires, aux directeurs des grandes écoles, elle a été utilisée pour convaincre les conseils d'administration, pour caler l'arrivée de l'hôpital sur le plateau de Saclay. Je ne sais pas si vous imaginez ce que sera un hôpital qui va se retrouver pendant quatre ans sans solutions correctes de transports en commun. Si cette date est remise en cause, ce sera vécu comme une trahison par les acteurs qui ont pris les risques pour participer à l'aventure.

Est-ce une position facile d'être un élu LREM et de signer une tribune pour critiquer les arbitrages du gouvernement ?

Il ne s'agit pas de critiquer un arbitrage mais de prévenir en amont et de bien faire passer le message. Le message que j'ai transmis aussi bien en tant que politique qu'en tant que scientifique est "Attention ! Il y a un consensus des acteurs qui sont dans ma circonscription et, quel que soit leur bord politique, il y a un consensus sur le fait que le dossier des transports en commun est vital. Il peut faire écrouler le projet s'il n'est pas pris au sérieux."

Que penserez-vous en cas de non-respect de cette date ?

Si la date de 2024 n'est pas respectée, je suis persuadée que l'Etat, pris comme entité globale, aura fait preuve d'un manque de cohérence incompréhensible. À l'heure où on insiste sur notre attractivité internationale et le fait de redonner à ce pays la confiance dans sa haute technologie, dans son pouvoir de rêver l'avenir, il est impossible que l'Etat ne s'occupe pas de donner les moyens aux acteurs locaux. Les transports sont l'une des décisions les plus structurantes et les plus vitales.